for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up
À la une

Le gouvernement libanais démissionne, six jours après l'explosion de Beyrouth

BEYROUTH (Reuters) - Le Premier ministre libanais, Hassan Diab, a annoncé la démission de son gouvernement lundi, six jours après l’explosion meurtrière qui a détruit une partie de Beyrouth et exacerbé une grave crise politique, économique et sociale dans le pays.

Slideshow ( 4 images )

Le président Michel Aoun a accepté cette démission et chargé Diab d’expédier les affaires courantes jusqu’à la formation d’un nouveau cabinet.

Lors d’une allocution télévisée, Hassan Diab a déclaré que l’explosion du 4 août était “le résultat d’une corruption endémique” et s’est dit aux côtés de ceux qui réclament que les responsables de ce “crime” soient traduits en justice.

“Aujourd’hui, nous répondons à la volonté du peuple qui exige que les responsables de ce désastre dissimulé pendant sept ans rendent des comptes, et à son désir d’un véritable changement”, a déclaré Hassan Diab. “Face à cette réalité (...), j’annonce aujourd’hui la démission de ce gouvernement.”

Le cabinet formé en janvier avec l’appui du Hezbollah, le parti-milice chiite soutenu par l’Iran, s’était réuni dans la journée et de nombreux ministres ont souhaité démissionner, selon plusieurs sources ministérielles et politiques.

Plusieurs ministres, ceux de l’Information et de l’Environnement, ont même devancé l’appel en annonçant dès dimanche qu’ils quittaient le gouvernement. Ils ont été rejoints lundi par la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm. Le ministre des Finances, Ghazi Wazni, a quant à lui préparé sa lettre de démission, ont rapporté les médias locaux.

L’explosion de quelque 2.750 tonnes de nitrate d’ammonium stockées depuis des années sur le port de la ville a fait au moins 158 morts et plus de 6.000 blessés mais elle a aussi ravivé la colère d’une large partie de la population après des mois de crise politique et économique.

“C’est tout le régime qui doit changer”, a déclaré à Reuters Joe Haddad, un ingénieur. “Un nouveau gouvernement ne fera aucun différence. Ce qu’il faut, ce sont des élections rapides.”

Hassan Diab a annoncé samedi qu’il allait demander la tenue d’élections législatives anticipées.

La colère de la population libanaise s’est manifestée pour le troisième jour consécutif à Beyrouth où des manifestants ont, avant l’annonce de la démission du gouvernement, jeté des pierres en direction des forces de l’ordre en faction devant le Parlement qui ont en retour fait usage de gaz lacrymogènes.

Ce week-end, des milliers de personnes s’étaient déjà rassemblées dans la capitale pour dénoncer la corruption et la mauvaise gestion des services publics par une élite politique accusée de détourner à son profit les finances publiques.

Les manifestations du week-end étaient les plus importantes depuis le début en octobre du mouvement de protestation contre la crise économique.

Dimanche, les donateurs internationaux du Liban ont promis d’envoyer rapidement et sans condition près de 253 millions d’euros d’aide à Beyrouth. Mais ils ont précisé que la poursuite de leur soutien dépendrait de la mise en oeuvre de réformes institutionnelles.

Avec le bureau de Beyrouth, version française Marc Angrand et Jean-Stéphane Brosse

for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up