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La France opte pour un déconfinement prudent dans la crainte d'une nouvelle vague

PARIS (Reuters) - Confinée depuis le 17 mars, la France va s’engager à partir du 11 mai dans une phase de déconfinement “progressive” et “différenciée” en fonction de l’intensité de la circulation du coronavirus dans les départements et conditionnée à l’évolution de l’épidémie dans la crainte d’une nouvelle vague malgré une récente “décrue”.

A Paris. Confinée depuis le 17 mars, la France va s'engager à partir du 11 mai dans une phase de déconfinement "progressive" et "différenciée" en fonction de l'intensité de la circulation du coronavirus dans les départements et conditionnée à l'évolution de l'épidémie dans la crainte d'une nouvelle vague malgré une récente "décrue". /Photo prise le 28 avril 2020/REUTERS/Charles Platiau

Très attendue, la “stratégie nationale de déconfinement” présentée ce mardi par Edouard Philippe a confirmé des pistes déjà esquissées ces dernières semaines tout en laissant en suspens certaines questions qui ont été renvoyées à une date ultérieure (traçage numérique, réouverture des lycées, des cafés et des restaurants) (voir).

“Il nous faut progressivement, prudemment, mais aussi résolument, procéder à un déconfinement aussi attendu que risqué”, a dit le Premier ministre devant 75 des 577 députés autorisés à assister à son discours à l’Assemblée nationale compte tenu des mesures de sécurité sanitaires en vigueur.

“Progressivement parce qu’il ne faut pas laisser repartir l’épidémie, parce que nous voulons éviter une deuxième vague, parce que nous tous ici préfèrerions éviter qu’après le confinement puis le déconfinement, nous ayons à connaître d’un re-confinement généralisé”, a-t-il expliqué.

Si le confinement se relâchait d’ici au 11 mai, si le nombre de nouveaux cas journaliers n’était pas “dans la fourchette prévue”, “nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement”, a-t-il prévenu. “Si tout est prêt le 11 mai, alors commencera une phase qui durera jusqu’au 2 juin”, date à laquelle un nouvelle phase débutera “jusqu’à l’été”.

“ROUGE” ET “VERT”

Conditionné, le déconfinement sera également différencié selon les territoires, la circulation du virus n’étant pas uniforme dans une France divisée entre des zones qui ont été sous tension (Grand-Est, Ile-de-France) et des zones très peu affectées par l’épidémie.

Concrètement, le déconfinement sera différencié le 11 mai entre les départements classés “vert”, où il sera appliqué largement, et ceux classés “rouge”, où il prendra une forme plus stricte.

Les départements classés “rouge” seront ceux où le taux de cas nouveaux sur une période de 7 jours reste élevé, où les capacités hospitalières régionales en réanimation restent tendues ou qui ne seraient pas suffisamment prêts en matière de tests.

“C’est une ligne de crête délicate qu’il faut suivre, un peu trop d’insouciance et c’est l’épidémie qui repart, un peu trop de prudence et c’est l’ensemble du pays qui s’enfonce”, a insisté Edouard Philippe, mettant en garde contre un risque d’”écroulement” de l’activité économique et de l’emploi.

Pour éviter d’”immobiliser la France”, les attestations, que chaque Français doit être en mesure de présenter aux forces de l’ordre depuis le 17 mars ne seront donc plus obligatoires à partir du 11 mai, à l’exception toutefois des déplacements de plus de 100 km du domicile.

En optant pour un déconfinement progressif, la France - où l’épidémie de coronavirus a fait plus de 23.293 morts -, emboite le pas à d’autres pays européens comme l’Espagne et l’Italie.

Marine Pennetier et Elizabeth Pineau

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