April 27, 2020 / 11:42 AM / a month ago

Le vote sur le plan de déconfinement maintenu mardi malgré les critiques

PARIS (Reuters) - “Déni de démocratie”, “surdité habituelle” : le maintien, mardi, du vote des députés sur le plan de déconfinement du gouvernement français a engendré lundi un flot de critiques de l’opposition sur la méthode de l’exécutif, également épinglée par des élus de la majorité qui réclamaient un vote à part sur la question du “tracking”.

"Déni de démocratie", "surdité habituelle" : le maintien, mardi, du vote des députés sur le plan de déconfinement du gouvernement français a engendré lundi un flot de critiques de l'opposition sur la méthode de l'exécutif, également épinglée par des élus de la majorité qui réclamaient un vote à part sur la question du "tracking". Le gouvernement, qui avait initialement prévu deux votes distincts dont l'un début mai, a finalement annoncé samedi soir la tenue d'un vote global sur la "stratégie nationale de déconfinement" à l'issue de sa présentation par le Premier ministre, Edouard Philippe (en photo), mardi à 15h. /Photo prise le 19 avril 2020/REUTERS/Thibault Camus

Le gouvernement, qui avait initialement prévu deux votes distincts dont l’un début mai, a finalement annoncé samedi soir la tenue d’un vote global sur la “stratégie nationale de déconfinement” à l’issue de sa présentation par le Premier ministre, Edouard Philippe, mardi à 15h.

Soixante-quinze députés représentant les huit groupes parlementaires, sur un total de 577, devraient être présents.

L’annonce surprise de Matignon a suscité l’émoi des parlementaires qui ont réclamé tout au long de la journée de dimanche un délai supplémentaire, de 24 heures minimum, pour examiner le plan gouvernemental.

Une demande rejetée lundi matin en conférence des présidents à l’Assemblée nationale, où a été invoqué un article de la Constitution indiquant qu’une déclaration du gouvernement complétée par un débat devait être suivie d’un vote dans la foulée, a dit à Reuters une source parlementaire.

“Mensonge !”, a réagi sur Twitter le président de l’UDI (centre) et député de Seine-Saint-Denis Jean-Christophe Lagarde. “Gouvernement et majorité refusent deux votes séparés sur appli COVID et déconfinement et refusent aussi un délai de 24h pour voter après avoir entendu la déclaration du PM afin de pouvoir en débattre entre députés. Bref ça sent la fin de crise: Retour à la surdité habituelle...”

Le chef de file des députés de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, voit dans le refus de reporter la date du vote “une brutalité de plus” d’un “régime macroniste” qui “déborde de violences policières, judiciaires et parlementaires”.

“NIVEAU DE DÉMOCRATIE INSUFFISANT”

Même colère du secrétaire général adjoint du parti Les Républicains (LR), Fabien Di Filippo. “On nous demande immédiatement de voter un chèque en blanc au gouvernement qui a quand même depuis le début de cette crise beaucoup tâtonné, beaucoup commis d’erreurs, beaucoup montré de revirement”, a-t-il dit sur france info.

“Cette accélération de calendrier est un déni de démocratie”, a dit à Reuters le président du groupe LR à l’Assemblée, Damien Abad.

A gauche, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure avait protesté dès le changement d’ordre du jour décidé “in extremis” par le gouvernement. “Silence exigé dans les rangs #LREM! Et le plan sera connu mardi matin pour un vote dans la foulée. Ainsi va la démocratie au temps du Macronisme !”, a-t-il tweeté.

Au-delà de l’opposition, le choix de l’exécutif de ne pas faire de vote distinct sur l’application numérique StopCovid passe mal au sein de la majorité.

“Un vote unique sur le plan déconfinement (et donc sans possibilité de se prononcer sur le traçage numérique en tant que tel) et avec un nombre aussi réduit de députés, ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant”, a ainsi tweeté ce week-end le député La République en marche (LaRem) Aurélien Taché.

Opposé au “tracking”, son collègue Sacha Houlié a estimé que “la marginalisation et l’effacement du débat sur le traçage numérique” consacrait “l’illégitimité d’y recourir comme l’inefficience de l’outil.”

Soulignant les consultations tous azimuts de ces derniers jours, l’exécutif justifie, lui, cette accélération du calendrier par la nécessité d’aller vite à deux semaines de la date prévue pour le déconfinement qui va nécessiter de nombreux ajustages avec les maires et les préfets.

Le plan de déconfinement devrait tracer les grandes lignes concernant le retour à l’école, la reprise du travail dans les entreprises et la fonction publique, la relance des transports publics, l’approvisionnement en masques et la politique des tests. La question de la réouverture des bars, cafés et restaurants, fermés depuis le 16 mars en France, a pour sa part été renvoyée à fin mai.

Marine Pennetier et Elizabeth Pineau, édité par Blandine Hénault

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