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La Chine peine à contenir le coronavirus à la frontière russe

PEKIN (Reuters) - Située à plus de 2.000 km de Wuhan, berceau de l’épidémie de coronavirus en Chine, la ville de Suifenhe, à la frontière avec la Russie, concentre désormais toute l’attention des autorités chinoises qui s’inquiètent d’un afflux de cas importés à l’heure où Pékin espérait enfin un début de sortie de crise.

Située à plus de 2.000 km de Wuhan, berceau de l'épidémie de coronavirus en Chine, la ville de Suifenhe, à la frontière avec la Russie, concentre désormais toute l'attention des autorités chinoises qui s'inquiètent d'un afflux de cas importés à l'heure où Pékin espérait enfin un début de sortie de crise. /Photo prise le 10 avril 2020/REUTERS/Aly Song

Cette commune de la province de Heilongjiang, dans le nord-est du pays, est confrontée à une vague de retour de ressortissants chinois, pour beaucoup atteints par le coronavirus, qui regagnent le pays par la route via la ville russe de Vladivostok rejointe en avion depuis Moscou.

Depuis le 14 février et la décision de la Russie de suspendre toutes ses liaisons aériennes avec la Chine compte tenu de l’épidémie, le passage par Suifenhe est devenu de facto la seule option pour les nombreux ressortissants chinois présents en Russie et désireux de rentrer au pays.

Cet afflux s’est accompagné d’une hausse du nombre de cas de coronavirus importés dans la ville de 70.000 habitants où un total de 123 cas a été recensé jeudi par les autorités, soit près de 97% des cas recensés dans la province de Heilongjiang.

Pour tenter de contenir la propagation du virus, les habitants ont donc été priés de rester confinés chez eux et une seule personne par foyer est désormais autorisée à sortir pour faire des courses de première nécessité tous les trois jours.

Les transports publics et les taxis ne sont plus autorisés quant à eux à quitter le centre-ville, des restrictions similaires à celles imposées fin janvier dans la ville de Wuhan et la province du Hubei, où le virus est apparu avant de se propager dans plus de 200 pays dans le monde.

“Nous avons tellement peur. Les mesures ici sont même plus strictes maintenant que celles” en vigueur au début de la crise, confie Liang Yuxin, un étudiant de 21 ans habitant à Suifenhe, à Reuters via les réseaux sociaux.

HOPITAL DE CAMPAGNE

Dès vendredi, un hôpital de campagne sera en mesure d’accueillir 600 patients avec des symptômes légers ou asymptomatiques, selon l’agence de presse officielle Chine nouvelle.

La construction de cet hôpital a été réalisée, comme à Wuhan, en un temps record - les travaux ont débuté lundi - et 400 personnels de santé au total devraient y être déployés.

“Toute personne devant être admise et soignée sera admise et soignée”, a assuré jeudi Yu Kaihong, le chef d’une équipe médicale de la province, envoyée pour apporter son aide à la ville. “Toute la force de frappe de la province sera mise à disposition pour empêcher l’importation du virus”, a-t-il ajouté.

Face au risque de propagation, les autorités chinoises ont également fermé mardi la frontière aux voyageurs, la laissant toutefois ouverte pour le transports de marchandises à la condition que les conducteurs acceptent des contrôles sur leur état de santé. La date de sa réouverture reste elle inconnue.

Les mesures prises peinent toutefois à convaincre certains habitants, à l’image d’une autre étudiante, Deng Wenle.

“Je ne vois pas comment Suifenhe peut gérer l’afflux de patients. Tous les hôtels sont bondés avec des personnes placées en quarantaine et même le centre sportif a été transformé en lieu de quarantaine”, a-t-elle déclaré à Reuters via les réseaux sociaux.

Version française Marine Pennetier, édité par Henri-Pierre André

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