September 10, 2019 / 9:25 PM / 4 days ago

Face aux attaques, le pape François "n'a pas peur des schismes"

A BORD DE L’AVION PAPAL (Reuters) - Le pape François a prié mardi pour que l’offensive lancée contre lui par les conservateurs catholiques américains ne débouche pas sur un schisme de l’Eglise, tout en disant ne pas avoir peur d’une telle perspective.

Le pape François a prié mardi pour que l'offensive lancée contre lui par les conservateurs catholiques américains ne débouche pas sur un schisme de l'Eglise, tout en disant ne pas avoir peur d'une telle perspective. /Photo prise le 10 septembre 2019/REUTERS/Alessandra Tarantino

C’est la première fois que le souverain pontife, qui s’exprimait devant des journalistes à bord de l’avion qui le ramenait de son voyage dans trois pays de l’océan Indien (Mozambique, Maurice, Madagascar), évoque aussi clairement la possibilité d’un schisme au sein de l’Eglise catholique, qui compte 1,3 milliard de fidèles.

Le pape est la cible des critiques d’un petit mais puissant groupe de conservateurs américains mécontents de son discours sur un certain nombre de questions théologiques et morales ainsi que sur des sujets de société comme l’immigration ou le climat.

Le principal inspirateur de ces attaques est le cardinal Raymond Leo Burke, l’ancien archevêque de St. Louis, évincé de la Curie romaine en 2014, un an et demi après l’élection de François. Des mouvements politiques conservateurs y ont joint leurs voix, mettant en cause la légitimité du souverain pontife.

Dans l’avion, un journaliste américain a demandé à François ce qu’il pensait de cette offensive.

“Je n’ai pas peur des schismes”, a répondu le pape en développant son argumentaire pendant une dizaine de minutes, ajoutant qu’il y en avait eu de nombreux en 2.000 ans d’histoire de l’Eglise.

“Je prie pour qu’il n’y en ait pas, parce que c’est la santé spirituelle de nombreuses personnes qui est en jeu.”

Le pape a également estimé que les conservateurs introduisaient à tort de l’idéologie politique dans leur discours.

“Les choses que je dis à propos des questions sociales, ce sont les mêmes que ce que disait Jean Paul. Je le copie ! Et (ils disent que) ‘le pape est trop communiste’,” a-t-il dit, par allusion à son prédécesseur Jean Paul II, vénéré par les cercles conservateurs.

“L’idéologie infiltre la doctrine et quand les idéologies infiltrent la doctrine, il y a possibilité d’un schisme”, a-t-il poursuivi.

Le dernier schisme en date au sein de l’Eglise catholique remonte à 1988, quand l’archevêque intégriste français Marcel Lefebvre avait été excommunié pour avoir ordonné des prêtres sans l’aval du pape.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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