September 6, 2019 / 11:33 AM / 13 days ago

Une entreprise sur six en "alerte rouge" pour l'égalité salariale en France

PARIS (Reuters) - Près de 16% des entreprises de 250 à 1.000 salariés ayant publié leur index sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes “sont en alerte rouge” et doivent améliorer leurs pratiques d’ici trois ans, sous peine de sanction, avertit la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Près de 16% des entreprises de 250 à 1.000 salariés ayant publié leur index sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes "sont en alerte rouge" et doivent améliorer leurs pratiques d'ici trois ans, sous peine de sanction, avertit la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. /Photo prise le 5 septembre 2019/REUTERS/Stéphane Mahé

Les entreprises moyennes - de 250 à 1.000 salariés - avaient pour obligation au 1er septembre de publier le score obtenu sur cet index conçu par le gouvernement pour éradiquer les inégalités au travail d’ici la fin du quinquennat.

“A l’heure actuelle, 64% des entreprises de 250 à 1.000 salariés ont déjà mis en place cet index et 16% d’entre elles sont en alerte rouge”, ce qui signifie qu’elles n’obtiennent pas la note de 75 sur 100, a déclaré Muriel Pénicaud dans une interview publiée vendredi par Le Parisien.

L’index mesure les écarts de rémunération, les écarts de taux d’augmentations individuelles, les taux de promotion, le pourcentage de salariées ayant bénéficié d’une augmentation dans l’année au retour d’un congé maternité ainsi que la place des femmes parmi les dix plus hautes rémunérations.

Les entreprises de plus de 1.000 salariés, qui devaient publier leur score au 1er mars dernier, l’ont fait “dans leur quasi totalité”, a précisé la ministre. Seule huit d’entre elles n’ont pas réagi aux relances du gouvernement et ont été mises en demeure.

Les entreprises qui ne se conformeront pas à ce demandes dans le délai imparti se verront imposer une sanction financière allant jusqu’à un pour cent de leur masse salariale.

Le gouvernement espère, à travers cet outil, créer une véritable “révolution culturelle”, la loi étant pour l’instant peu appliquée en la matière. Les écarts de salaire non expliqués entre les hommes et les femmes sont ainsi encore de 9%.

“Nous misons sur l’émulation positive que la transparence des données va entraîner. De nombreuses études démontrent que les entreprises qui pratiquent l’égalité sont aussi plus performantes”, explique Muriel Pénicaud.

“Cet index va jouer sur leur réputation. (...) Quelle femme ou quel homme moderne aura envie demain de travailler dans une entreprise ringarde qui discrimine les femmes?”, précise-t-elle.

Elle admet que la plupart des chefs d’entreprise ne font pas exprès de discriminer, et que certains “tombent des nues” lorsqu’ils apprennent leur score.

Les entreprises de 50 à 200 salariés devront pour leur part publier l’index à partir du 1er mars 2020. Les plus petites entreprises sont exemptes de cette obligation.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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