September 5, 2019 / 10:38 AM / 2 months ago

Brexit: L'UE s'inquiète des intentions de Johnson sur l'Irlande et la concurrence

L'Union européenne s'inquiète de plus en plus des projets de Boris Johnson concernant la frontière irlandaise et les futures règles de concurrence entre le bloc communautaire et le Royaume-Uni. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

BRUXELLES (Reuters) - L’Union européenne s’inquiète de plus en plus des projets de Boris Johnson concernant la frontière irlandaise et les futures règles de concurrence entre le bloc communautaire et le Royaume-Uni.

Le négociateur européen sur le Brexit, Michel Barnier, a prévenu les 27 autres Etats membres de l’UE que le Premier ministre britannique était revenu sur les engagements de Londres concernant la frontière irlandaise, ont déclaré à Reuters des responsables et diplomates européens.

Lors d’une réunion avec les 27 ambassadeurs du bloc à Bruxelles, Michel Barnier a appelé les Européens à faire preuve de calme et de vigilance tant que Londres n’aurait pas présenté des propositions détaillées pour remplacer le “backstop”, la clause contenue dans l’accord de sortie du Royaume-Uni de l’UE qui vise à éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, a-t-on dit de mêmes sources.

Il a cependant souligné que le gouvernement britannique lui avait clairement dit vouloir ne négocier qu’un accord de libre-échange très limité avec l’UE après sa sortie du bloc et que Londres refusait de prendre des engagements contraignants sur les critères de convergence en matière d’aides publiques destinés à garantir une concurrence équitable.

“Cela fait grandir la crainte d’un accord de libre-échange basique sans pied d’égalité”, a commenté un haut diplomate européen à l’issue du briefing de Michel Barnier. “On aboutirait à un Singapour-sur-Tamise avec un nivellement par le bas des réglementations.”

Les participants à la réunion qui s’est tenue mercredi, avant l’adoption par la chambre des Communes d’une proposition de loi ouvrant la porte à un report du Brexit, ont souligné que Boris Johnson se faisait des illusions s’il pensait que les Vingt-Sept vont céder sous la pression du risque d’un “no deal”.

Ils ont jugé irréaliste l’hypothèse de la conclusion d’un nouvel accord avant le sommet européen des 17 et 18 octobre susceptible d’être ratifié à temps pour permettre la sortie du Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre, comme le souhaite le Premier ministre britannique.

“Les Britanniques ont le sentiment irréaliste que tout sera miraculeusement résolu lors du sommet”, a dit un diplomate.

Selon ces mêmes sources, le représentant allemand a estimé que les nouvelles négociations entre Londres et Bruxelles étaient une perte de temps, une position qui pourrait doucher les derniers espoirs de Londres de voir Berlin faire pression sur les autres capitales européennes pour sortir de l’impasse du “backstop”.

Francesco Guarascio; Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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