August 30, 2019 / 5:17 AM / in 3 months

Hong Kong: Arrestation du militant pro-démocratie Joshua Wong

HONG KONG (Reuters) - Le militant pro-démocratie hongkongais Joshua Wong a été inculpé vendredi d’organisation de manifestation illégale avant d’être libéré sous caution, alors que les gouvernements de Pékin et Hong Kong durcissent le ton contre le mouvement de contestation qui agite l’ancienne colonie britannique.

Le militant pro-démocratie hongkongais Joshua Wong (photo) a été inculpé vendredi d'organisation de manifestation illégale avant d'être libéré sous caution, alors que les gouvernements de Pékin et Hong Kong durcissent le ton contre le mouvement de contestation qui agite l'ancienne colonie britannique. /Photo prise le 17 juin 2019/REUTERS/Jorge Silva

Joshua Wong, 22 ans, figure du Mouvement des parapluies qui avait paralysé Hong Kong en 2014, a été interpellé vendredi alors qu’il avait libéré de prison en juin dernier après cinq semaines de détention pour outrage au tribunal.

Le militant pro-démocratie n’a pas joué un rôle de premier rang dans les manifestations qui secouent le territoire autonome depuis mi-juin, qui n’ont pas de leaders clairement identifiés.

Il a néanmoins été inculpé en compagnie d’une autre militante du parti Demosisto, Agnes Wong, pour avoir organisé un rassemblement interdit devant le siège de la police de Hong Kong le 21 juin.

Les deux activistes ont été libérés sous caution dans l’attente de leur prochaine audition, prévue le 8 novembre.

“Il y a deux mois, je suis sorti de prison après avoir purgé ma peine. Malheureusement, sous l’effet de la répression des gouvernements de Pékin et Hong Kong, nous savons comment ils arrêtent les militants même quand ils se comportent de manière progressiste ou modérée”, a déclaré Joshua Wong à la presse à sa sortie du commissariat.

“Tout ce que nous demandons aux gouvernements de Pékin et de Hong Kong, c’est de retirer le projet de loi d’extradition (à l’origine du mouvement de contestation, NDLR), de mettre fin aux brutalités policières et d’entendre notre demande d’élections libres”, a-t-il ajouté.

Après trois mois de mobilisation qui ne montre aucun signe d’essoufflement, la presse officielle à Pékin a prévenu que les soldats chinois stationnés dans la cité semi-autonome pourraient intervenir si la situation venait à empirer.

Près de 900 personnes ont été arrêtées depuis l’escalade du mouvement mi-juin avec des heurts répétés entre manifestants et forces de l’ordre.

Andy Chan, fondateur du Parti national favorable à l’indépendance que les autorités ont interdit en septembre dernier, a aussi été arrêté jeudi soir à l’aéroport de Hong Kong. Il est soupçonné d’avoir participé à des émeutes et de violences contre la police, a précisé cette dernière.

“REMETTRE DE L’ORDRE”

Né en avril du rejet d’un projet de loi qui aurait permis l’extradition de suspects vers la Chine continentale, le mouvement de contestation s’est élargi à des revendications plus larges, dont la protection des libertés et de l’autonomie dont jouit l’ancienne colonie britannique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Nombre de Hongkongais estiment que ce régime particulier, résumé par la formule “un pays, deux systèmes”, est aujourd’hui menacé par l’emprise croissante qu’exerce le gouvernement central chinois.

La contestation, qui pèse aussi sur l’activité économique du territoire, constitue un défi sans précédent pour le président chinois Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir, en 2012.

Jeudi, la Chine a effectué une rotation qualifiée de “routinière” des effectifs de l’Armée de libération du peuple (PLA) stationnés à Hong Kong.

Elle a prévenu par le passé qu’elle n’hésiterait pas à intervenir pour mettre fin au mouvement de contestation, mais le gouvernement local, qui dépend de Pékin, dit être en mesure de gérer lui-même la crise.

Une parlementaire hongkongaise proche du pouvoir chinois a déclaré que ni une proclamation de l’état d’urgence par l’exécutif local ni une demande d’intervention de l’armée chinoise n’étaient à l’ordre du jour, sans exclure que cela devienne nécessaire à l’avenir.

S’exprimant depuis Pékin dans un entretien à Reuters, Maria Tam a ajouté avoir été informée par de hauts représentants du gouvernement chinois que celui-ci continuait de soutenir la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam.

“Elle devrait continuer et remettre de l’ordre dans ce qui a mal tourné”, a-t-elle dit.

La presse officielle chinoise a prévenu vendredi que les soldats stationnés à Hong Kong n’avaient pas une présence seulement symbolique et n’auraient “aucune raison de rester les bras croisés” si la situation venait à empirer.

“Le gouvernement de (la région administrative spéciale, SAR) n’a pour le moment pas estimé nécessaire de faire appel à la garnison, mais cela ne veut pas dire qu’il ne le fera pas si la situation l’exige”, écrit le China Daily, voix officielle de Pékin en langue anglaise.

“Si cette situation sinistre venait à empirer, avec la violence et les troubles menaçant de virer hors de contrôle sous la houlette de perturbateurs aux volontés séparatistes, les troupes armées stationnées dans la SAR n’auront aucune raison de rester les bras croisés”, ajoute-t-il dans un éditorial.

avec Jessie Pang et Twinnie Siu à Hong Kong, John Ruwitch à Shanghai, Ben Blanchard à Pékin; Jean Terzian et Tangi Salaün pour le service français

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