August 20, 2019 / 10:58 AM / a month ago

Le procureur d'Agrigente ordonne que les migrants de l'Open Arms débarquent à Lampedusa

LAMPEDUSA, Italie (Reuters) - Le procureur d’Agrigente, en Sicile, a ordonné mardi soir que les migrants secourus à bord de l’Open Arms soient débarqués et a demandé que le navire humanitaire espagnol soit saisi, mettant fin à près de trois semaines de blocage.

Le procureur d'Agrigente, en Sicile, a ordonné mardi soir que les migrants secourus à bord de l'Open Arms soient débarqués et a demandé que le navire humanitaire espagnol soit saisi, mettant fin à près de trois semaines de blocage. /Photo prise le 20 août 2019/REUTERS/Guglielmo Mangiapane

La centaine de migrants qui se trouvent encore à bord devraient toucher terre dans la soirée ou dans la nuit à Lampedusa, l’île devant laquelle le bateau est à l’ancre depuis 19 jours.

“Au bout de 19 jours, nous allons débarquer aujourd’hui à Lampedusa. Notre bateau sera temporairement mis sous séquestre, mais c’est un coût qu’Open Arms assume pour être sûr que les gens à bord puissent être pris en charge”, a déclaré sur Twitter le fondateur de l’ONG Open Arms, Oscar Camps, qui se trouve à bord du bateau.

“Nous considérons qu’il est essentiel de donner la priorité à la santé et à la sécurité des migrants dans cette urgence humanitaire”, ajoute-t-il.

L’ONG n’avait cessé ces derniers jours d’alerter sur la situation d’urgence à bord du bateau, que plusieurs migrants ont tenté de fuir en sautant à la mer pour essayer de rallier le rivage de Lampedusa. Des gardes-côtes italiens sont intervenus pour leur porter secours.

Leur débarquement mettra aussi un terme au bras de fer qui se joue depuis quelques jours entre Madrid et Rome, le gouvernement espagnol jugeant “inconcevable” le refus des autorités italiennes de laisser l’Open Arms accoster à Lampedusa en dépit de l’accord trouvé la semaine dernière pour répartir les migrants secourus par le navire espagnol entre six Etats membres de l’UE (Espagne, France, Portugal, Allemagne, Roumanie et Luxembourg).

Dans la journée, le gouvernement espagnol avait annoncé l’envoi d’un navire militaire pour prendre en charge et escorter les passagers de l’Open Arms vers le port espagnol de Palma de Majorque.

“Une ONG espagnole, un bateau espagnol, un port espagnol: la cohérence et la détermination de l’Italie ont payé. Nous ne sommes plus le camp de réfugiés de l’Europe”, s’était réjoui le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini.

La crise politique qui se joue en ce moment-même en Italie, où la démission du président du Conseil Giuseppe Conte a été acceptée mardi soir, a compliqué la situation de l’Open Arms, Salvini ayant fait de la lutte contre l’immigration illégale sa carte maîtresse.

Madrid avait proposé dès dimanche à l’équipage de l’Open Arms de gagner le port espagnol le plus proche pour y débarquer, mais l’ONG avait jugé que le voyage mettrait “en danger l’intégrité et la sécurité des passagers secourus et de l’équipage”.

Un autre navire humanitaire, l’Océan Viking, affrété par SOS-Méditerranée et Médecins sans Frontières (MSF), est lui aussi en attente d’un “port sûr” où pouvoir débarquer les 356 migrants qu’il a secourus en Méditerranée centrale.

Des migrants tentent mardi de rejoindre à la nage l’île de Lampedusa après avoir sauté de l’Open Arms. REUTERS/Guglielmo Mangiapane.

avec Wladimir Pantaleone à Palerme, Jose Elías Rodríguez, Ashifa Kassam, Elena Rodriguez et Joan Faus à Madrid, Crispian Balmer à Rome et Stephen Jewkes à Milan; Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français

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