August 19, 2019 / 8:57 AM / 2 months ago

Corbyn fera tout pour empêcher un Brexit sans accord

LONDRES (Reuters) - Le chef de file du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a déclaré lundi que son parti ferait tout ce qui est possible pour empêcher un Brexit sans accord le 31 octobre prochain, réitérant son appel à voter la censure contre le gouvernement de Boris Johnson.

Le chef de file du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, réunira la semaine prochaine les partis de l'opposition britannique hostiles à un Brexit sans accord pour discuter des moyens de l'empêcher, a annoncé lundi un haut responsable du Labour. /Photo prise le 19 août 2019/REUTERS/Henry Nicholls

Corbyn doit réunir la semaine prochaine les partis de l’opposition hostiles à un “No Deal” pour débattre de la stratégie à mettre en oeuvre.

“Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour stopper ce ‘No Deal’ désastreux et pour lequel le gouvernement n’a aucun mandat”, a-t-il dit lors d’un discours à Corby, dans le centre de l’Angleterre.

Le Parti travailliste réclame aussi que le Parlement soit immédiatement reconvoqué en urgence. Pour l’heure, la rentrée parlementaire est fixée au 3 septembre, moins de soixante jours avant la date butoir fixée pour le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

“Il y a nécessité de réunir de nouveau les Parlementaires, parce qu’il nous faut du temps pour mener un véritable débat et une discussion sur ces sujets”, a souligné dans la matinée le responsable du Labour pour les Finances, John McDonnell, ajoutant que la majorité des élus de la Chambre des communes était toujours hostile à un “No Deal”.

Une centaine de parlementaires ont signé ce week-end un appel similaire adressé à Boris Johnson.

Interrogée sur ce point, la porte-parole du nouveau Premier ministre britannique a rappelé lundi que c’est le Parlement lui-même qui avait voté son calendrier.

Johnson, qui rejette l’accord de retrait conclu par Theresa May avec les Européens, a promis que le pays quitterait “coûte que coûte” l’Union européenne à la date du 31 octobre, avec ou sans accord.

CHOC FRONTAL

Une renégociation du “Withdrawal Agreement” semblant exclue, le leader conservateur, qui ne dispose que d’une voix de majorité à la Chambre des communes, risque la collision frontale avec son Parlement, qui s’est majoritairement prononcé à plusieurs reprises contre la perspective d’un “No Deal”.

Corbyn entend lui unifier ce front du refus par une motion de défiance contre Johnson et la mise en place d’un gouvernement provisoire qui repousserait la date du Brexit au-delà du 31 octobre et organiserait de nouvelles élections législatives.

Selon McDonnell, certains députés conservateurs pourraient se rallier à l’initiative du leader travailliste.

Dominic Grieve pourrait être l’un d’eux. “Je suis totalement prêt à coopérer avec lui et avec d’autres à la Chambre des communes pour faire en sorte que le No Deal, dont nous menace le gouvernement actuel, n’ait pas lieu”, a-t-il dit à la BBC.

Pour le député conservateur, il n’est en revanche pas question de confier au dirigeant travailliste la conduite d’un éventuel gouvernement d’unité nationale qui serait formé si le cabinet Johnson est censuré.

A Bruxelles, une porte-parole de la Commission européenne a déclaré lundi que l’UE était prête à un divorce sans accord et que le Royaume-Uni avait bien plus à perdre d’une telle issue.

Le Sunday Times a publié dimanche un rapport émanant du gouvernement sur les conséquences d’un Brexit sans accord: le Royaume-Uni serait confronté à des pénuries de nourriture, d’essence et de médicaments avec des blocages dans les ports et le rétablissement d’une frontière physique en Irlande.

Le Times a souligné que ces prévisions du gouvernement britannique ne présentaient pas le scénario du pire, mais bien les répercussions les plus probables d’un Brexit sans accord.

Ce point a été démenti par Michael Gove, ministre chargé des préparatifs du divorce. Il a affirmé que ce dossier, baptisé “Opération Yellowhammer”, décrit la pire des situations et a ajouté que des “mesures très significatives avaient été prises ces trois dernières semaines pour accélérer la préparation du Brexit”.

Guy Faulconbridge et William James; Henri-Pierre André pour le service français

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