August 14, 2019 / 4:48 AM / in 2 months

Hong Kong: Excuses des manifestants, qui poursuivent leur mouvement

HONG KONG (Reuters) - La Chine a assimilé mercredi le mouvement protestataire à Hong Kong à du “terrorisme” au lendemain de scènes violentes à l’aéroport de la ville semi-autonome où les manifestants s’en sont pris à deux hommes qu’ils soupçonnaient d’être des sympathisants des autorités communistes au pouvoir à Pékin.

La Chine a assimilé mercredi le mouvement protestataire à Hong Kong à du "terrorisme" au lendemain de scènes violentes à l'aéroport de la ville semi-autonome où les manifestants s'en sont pris à deux hommes qu'ils soupçonnaient d'être des sympathisants des autorités communistes au pouvoir à Pékin. /Photo prise le 14 août 2019/REUTERS/Thomas Peter

Mercredi, le trafic a repris à l’aéroport de Hong Kong après deux journées de perturbations, mais de nouveaux heurts ont opposé policiers et manifestants à la tombée de la nuit dans certains points de la ville.

Les États-Unis se sont dits très inquiets des informations selon lesquelles des forces de la police chinoise seraient massées près de la frontière de Hong Kong et ont appelé le gouvernement de Hong Kong à respecter la liberté d’expression.

La France, très discrète jusqu’ici sur le sujet, a pour sa part appelé toutes les parties à renouer le dialogue afin de trouver une issue pacifique à la crise.

Dix semaines de confrontations de plus en plus violentes entre la police et les manifestants ont plongé l’ancienne colonie britannique dans sa crise la plus grave depuis son retour dans le giron chinois en juillet 1997.

Dans des scènes de chaos qui auraient autrefois été impensables à Hong Kong, un sit-in pacifique à l’aéroport a tourné à la violence mardi soir et les manifestants s’en sont pris à un homme qu’ils croyaient être un agent chinois infiltré.

Des policiers anti-émeute sont arrivés par cars entier pour s’opposer aux manifestants avant de se retirer une fois l’homme exfiltré.

Ils ont alors laissé un temps le terminal sous le contrôle des manifestants qui s’en sont ensuite brièvement pris à un journaliste du Global Times, qu’ils ont pris pour un agent chinois. Le Global Times est un tabloïd nationaliste dirigé par le Quotidien du Peuple, l’organe officiel du Parti communiste chinois (PCC).

“TRÈS PEUR”

Le Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao à Pékin a assimilé ce qui s’était passé à l’aéroport à du terrorisme et appelé à des sanctions.

Les manifestants ont présenté leurs excuses mercredi.

“Nous sommes profondément désolés de ce qui s’est passé hier”, pouvait-on lire sur une banderole brandie par une dizaine de manifestants dans le hall des arrivées de l’aéroport dans la matinée. “Nous étions désespérés et nous avions pris des décisions imparfaites. Veuillez accepter nos excuses.”

“Nous promettons de réfléchir et de nous améliorer”, a déclaré un manifestant dans un message diffusé sur la messagerie Telegram.

Les traces de sang, les débris et autres vestiges des affrontements ont été nettoyés pendant la nuit. Les employés des services de propreté et les manifestants ont eux-mêmes retiré les affiches antigouvernementales des murs de l’aéroport, conçu par le célèbre architecte britannique Norman Foster.

Selon la compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific Airways, 272 vols ont été annulés en raison des perturbations, ce qui a affecté plus de 55.000 passagers.

Les manifestants semblent peu enclins à arrêter leur mouvement, qui a commencé en opposition à un projet de loi, désormais suspendu, qui aurait permis l’extradition en Chine continentale de personnes devant être jugées, mais qui s’est transformé en un appel plus large à la démocratie.

Mercredi, plusieurs centaines de personnes ont assisté à une manifestation dans le quartier résidentiel de Sham Shui Po. La police a eu recours aux gaz lacrymogènes.

“Tous les gens ici ont très peur”, a déclaré à Reuters Ann, une enseignante âgée de 21 ans, rencontrée à l’aéroport en train de retirer soigneusement les affiches antigouvernementales pour les plier en vue d’une prochaine utilisation.

“Mais nous avons encore plus peur de ne plus avoir nos libertés. C’est pourquoi nous continuons à manifester”, a-t-elle déclaré.

Avec Felix Tam, Tom Westbrook, Donny Kwok, Clare Jim, Twinnie Siu, Noah Sin, Brenda Goh, Tom Peter, Tyrone Siu et Lukas Job à HONG KONG, Andrew Galbraith à SHANGHAI; Jean Terzian et Danielle Rouquié pour le service français

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