August 5, 2019 / 8:53 AM / in 18 days

Grève générale à Hong Kong, Carrie Lam s'inquiète

HONG KONG (Reuters) - Au lendemain d’un nouveau week-end de contestation à Hong Kong et en pleine grève générale qui a paralysé les transports en commun, la dirigeante hongkongaise Carrie Lam a dit redouter lundi que les dernières manifestations entraînent la ville au bord d’une “situation extrêmement dangereuse” et remettent en cause la souveraineté de la Chine.

Au lendemain d'un nouveau week-end de contestation à Hong Kong et en pleine grève générale qui a paralysé les transports en commun, la dirigeante hongkongaise Carrie Lam (photo) a dit redouter lundi que les dernières manifestations entraînent la ville au bord d'une "situation extrêmement dangereuse" et remettent en cause la souveraineté de la Chine. /Photo prise le 5 août 2019/REUTERS/Kim Kyung-Hoon

Au cours de sa première conférence de presse depuis le 22 juillet, la cheffe de l’exécutif local, soutenue par Pékin, a de nouveau rejeté les appels à la démission lancés par les manifestants et a affirmé que son gouvernement était résolu à maintenir la loi et l’ordre.

“Ces actes illégaux qui menacent la souveraineté de notre pays et mettent en péril (la règle) ‘un pays, deux systèmes’ vont détruire la stabilité et la prospérité de Hong Kong”, a-t-elle prévenu.

“Ils affirment vouloir une révolution et restaurer Hong Kong. Ces actions vont bien au-delà de leurs revendications politiques initiales”, a poursuivi Lam, flanquée de membres de haut rang de son administration.

Les manifestations, a-t-elle ajouté, poussent “la ville que nous aimons tous et que nombre d’entre nous avons contribué à construire au bord d’une situation très dangereuse”.

La grève de ce lundi suivait un nouveau week-end de manifestations et de violences et l’arrestation de dizaines de personnes.

Dans la matinée, l’opérateur ferroviaire MTR Corp a suspendu son service sur les lignes entre les quartiers de Causeway Bay et Quarry Bay sur l’île de Hong Kong.

Le trafic a également été interrompu sur les lignes entre Kowloon Tong et les stations proches de la frontière avec la Chine continentale, ainsi que la ligne Airport Express, qui relie l’aéroport international au centre de Hong Kong, rapporte la presse locale. Plus de 200 liaisons aériennes ont été annulées.

Les transports ont recommencé à circuler en fin de journée.

“PERTE DE TEMPS ABSOLUE”

La police a une nouvelle fois fait usage de gaz lacrymogènes alors que des incidents éclataient en de multiples endroits entre une partie des dizaines de milliers de manifestants de nouveau descendus dans les rues et les unités des forces anti-émeutes.

Des incidents ont notamment été signalés dans le quartier résidentiel de Wong Tai Sin (péninsule de Kowloon), dans les villes de Tin Shui Wai et de Tai Po (dans les Nouveaux Territoires, près de la ville chinoise de Shenzhen), et dans le quartier d’Admiralty, proche du Conseil exécutif (sur l’île de Hong Kong).

A North Point, sur l’île de Hong Kong, un groupe armé de bâtons a tenté d’attaquer dans la soirée des manifestants.

Des postes de police ont par ailleurs été encerclés par les manifestants et des rues occupées.

Rencontré parmi les manifestants, Jay Leung, un étudiant de 20 ans, juge que le discours de Carrie Lam était “une perte de temps absolue”. “Je ne pense pas, ajoute-t-il, que le gouvernement fasse quoi que ce soit pour panser les plaies de la société. Ils n’ont apporté aucune solution pour résoudre le problème politique qu’ils ont eux-mêmes créé.”

Le mouvement de contestation, né du rejet d’un projet de loi qui aurait permis l’extradition de suspects vers la Chine continentale, s’est élargi depuis le mois de juin à des revendications plus larges, dont la démission de Carrie Lam et la protection des libertés et de l’autonomie dont jouit Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Nombre de Hongkongais estiment que ce régime particulier, résumé par la formule “un pays, deux systèmes”, est aujourd’hui menacé par le gouvernement central chinois.

Le niveau des violences s’est également accru au fil des semaines, la police étant accusée d’avoir recouru à un usage excessif de la force contre les manifestants et d’avoir manqué à ses obligations de protéger ces derniers contre des attaques imputées à des bandes liées au crime organisé.

Depuis le 9 juin, 420 personnes ont été arrêtées, dont 82 personnes au cours de la seule journée de lundi, et la police a eu recours un millier de fois à des gaz lacrymogènes, ont dit les autorités.

Le mouvement, auquel des fonctionnaires se sont ralliés pour la première fois vendredi, constitue la plus grave crise politique vécue à Hong Kong depuis la rétrocession. C’est aussi un défi d’une ampleur sans précédent lancé au président chinois Xi Jinping depuis son accession au pouvoir, en 2012.

avec Anne Marie Roantree et Noah Sin; Arthur Connan et Henri-Pierre André pour le service français

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