August 3, 2019 / 1:20 PM / 4 months ago

Tensions à Nantes en marge de l'hommage à Steve Maïa Caniço

PARIS (Reuters) - Des heurts ont éclaté samedi entre manifestants et forces de l’ordre en marge d’une manifestation à Nantes organisée pour dénoncer les violences policières après la mort de Steve Maïa Caniço dans la nuit du 21 au 22 juin.

Le corps de l’animateur scolaire âgé de 24 ans, disparu la nuit d’une opération de police controversée pendant la Fête de la musique, a été retrouvé lundi dans la Loire.

Les premiers incidents se sont produits vers 14h00 devant la préfecture de Loire-Atlantique, certains manifestants, habillés de noir, cherchant à entrer dans la cour du bâtiment. Les policiers ont répondu en tirant des grenades de gaz lacrymogène pour les disperser.

Du mobilier urbain a été dégradé. Des manifestants ont érigé durant l’après-midi des barricades avec des chaises et des barrières dans le Cours Saint-André puis avec du mobilier urbain près de la place du Commerce. Certaines d’entre elles ont été incendié. Ils ont également fracassé et tagué des vitrines près du château des ducs de Bretagne.

Une quarantaine personnes ont été interpellées et placées en garde à vue pendant la journée pour port d’objets prohibés, jets de projectiles contre les forces de l’ordre, ainsi que pour incendie de mobilier urbain, selon la préfecture.

Un manifestant et un policier ont été légèrement blessés lors des affrontements et transportés à l’hôpital.

Au total, près de 1.700 personnes ont participé à la mobilisation, dont 200 à 300 éléments “ultra”, précise une source proche du dossier.

Un premier rassemblement en hommage à Steve Maïa Caniço s’était passé dans le calme dans la matinée sur les berges de la Loire, où le jeune homme a disparu lors de la Fête de la musique.

La préfecture de Loire-Atlantique a interdit toute manifestation dans certaines zones du centre-ville entre 10h00 et 20h00, disant craindre des violences de la mouvance anarchiste et des black blocs.

L’USAGE DE LA FORCE “JUSTIFIÉ”

Le dispositif de sécurité sur place est comparable à celui mis en oeuvre lors des samedis de manifestation de “Gilets jaunes”.

La famille et les amis du jeune homme n’ont pas pris part aux rassemblements de samedi, ne souhaitant pas s’associer à des violences, si jamais la situation dégénérait, a annoncé l’avocate de la famille Cécile de Oliveira sur France info.

Les conclusions de l’enquête administrative de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) sur les circonstances de la mort du jeune homme ont contribué à alimenter la colère contre les violences policières, dénoncées lors des manifestations de “Gilets jaunes”, ou, dernièrement, contre des manifestants écologistes.

La police des polices a estimé que l’usage de la force, avec des lancers de grenades et des tirs de lanceur de balle de défense (LBD) le soir de la Fête de la musique “était justifié et n’est pas apparu disproportionné”.

“Aucun élément ne (permet) d’établir un lien direct entre l’intervention des forces de l’ordre et la disparition de Steve Maïa Caniço”, a-t-elle conclu.

Les deux juges d’instruction saisis dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire contre X du chef d’homicide involontaire ont demandé le dépaysement du dossier, a annoncé le procureur général près la cour d’appel de Rennes, confirmant une information de Libération. La requête a été transmise à la Cour de Cassation.

L’IGPN DÉFEND SON RAPPORT

La directrice de l’IGPN, Brigitte Julien, et le chef de l’unité de coordination des enquêtes, David Chantreux, se sont défendus d’avoir voulu dédouaner la police de la mort de Steve Maïa Caniço, dans une interview publiée samedi dans L’Obs.

“Ce que nous disons, c’est que l’enquête administrative n’a pas permis d’apporter la preuve qu’il y a un lien entre l’usage de la force par les policiers présents ce soir-là et la mort de Steve. Des gens sont tombés à l’eau, avant, pendant, et après l’intervention”, a expliqué David Chantreux.

“Les policiers, qui étaient une quinzaine, ont réagi après des jets de projectiles et de bouteilles. Il n’y pas eu de ‘charges’ des forces de police à l’encontre des jeunes qui faisaient la fête”, a-t-il ajouté.

“Les gens attendaient absolument une condamnation de la police, aucune autre réponse n’était entendable à ce moment-là”, a renchéri Brigitte Julien.

“Ce rapport n’a pas été écrit sur un coin de table, il a été rédigé avec l’obligation d’éthique qui est la nôtre, sa conclusion est conforme aux éléments que nous avions à ce moment-là”, a-t-elle ajouté.

L’enquête administrative est “centrée sur l’action des agents de l’administration”, explique David Chantreux, et, dans ce cadre, les agents et les pompiers “ont été entendus”. L’IGPN n’a toutefois pas d’autorité pour entendre d’autres personnes, ajoute-t-il.

Caroline Pailliez, édité par Tangi Salaün

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