July 31, 2019 / 11:55 AM / 3 months ago

Brexit: Boris Johnson à Belfast, mission impossible ?

BELFAST (Reuters) - Boris Johnson s’est entretenu mercredi à Belfast avec les dirigeants des principaux partis politiques nord-irlandais pour tenter de sortir de l’impasse sur la “clause de sauvegarde” (“backstop”) qui doit prévenir le rétablissement d’une frontière physique entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord après le Brexit.

Boris Johnson s'est entretenu mercredi à Belfast avec les dirigeants des principaux partis politiques nord-irlandais pour tenter de sortir de l'impasse sur la "clause de sauvegarde" ("backstop") qui doit prévenir le rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord après le Brexit. /Photo d'archives/REUTERS/Rui Vieira

Le nouveau Premier ministre britannique, arrivé mardi soir dans la capitale nord-irlandaise, avait aussitôt rencontré les représentants du Parti unioniste démocratique (DUP), dont dépend sa majorité parlementaire à Westminster.

A l’issue de cette rencontre, Arlene Foster, depuis 2015 à la tête du DUP, a rappelé avec force que Boris Johnson exigeait comme elle l’abandon du “backstop”, “défaut persistant et fondamental” de l’accord de Brexit.

Mercredi matin, l’un des députés du DUP, Jeffrey Donaldson, a également insisté sur la disparition de cette clause de sauvegarde mais n’a pas exclu un éventuel compromis qui s’appuierait sur une limitation dans le temps du “backstop” et sur d’autres “solutions pragmatiques”.

Mais Boris Johnson, a ajouté le député unioniste, “ne négociera certainement pas cela en public”.

A Dublin, le ministre irlandais de l’Agriculture, Michael Creed, a rejeté toute idée de limiter dans le temps le “backstop”.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, dans un entretien publié mercredi par le quotidien Irish Daily Mirror, a assuré que son pays ne se laisserait pas intimider par Boris Johnson sur l a question du “backstop”. “Nous allons nous en tenir à notre position”, a-t-il dit, soulignant qu’il avait le soutien de ses partenaires de l’UE.

La présidente du parti nationaliste Sinn Féin, Mary Lou McDonald, qui doit aussi voir Boris Johnson dans la journée, l’a averti qu’un Brexit sans accord serait “catastrophique” pour l’économie de l’île et pour les accords de paix de 1998, qui ont mis fin à trente ans de violences entre catholiques et protestants, des “troubles” qui ont fait 3.600 morts.

En cas de sortie du Royaume-Uni de l’UE sans accord le 31 octobre, elle a réclamé un référendum sur un rattachement des six comtés d’Irlande du Nord à la République d’Irlande.

Sur un plan purement nord-irlandais, le Premier ministre britannique a souligné qu’il voulait rétablir le plus vite possible l’exécutif de la province, fondé sur un partage des pouvoirs entre catholiques et protestants et suspendu depuis deux ans et demi.

“Le peuple d’Irlande du Nord est sans gouvernement, sans (Parlement du) Stormont depuis deux ans et six mois... Ma priorité ce matin est de faire tout mon possible pour mettre fin à cette situation”, a dit Boris Johnson aux journalistes.

Ian Graham; Guy Kerivel pour le service français

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