July 25, 2019 / 11:01 AM / in a month

L'Eglise catholique "inquiète" de la loi bioéthique

Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, exprime dans une interview publiée jeudi dans la Croix son "inquiétude" face au projet de loi bioéthique et met en garde contre la tentation de "raboter" les précautions prises dans les lois précédentes, notamment concernant la PMA. /Photo d'archives/REUTERS/Thaier Al-Sudani

PARIS (Reuters) - Le président de la Conférence des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, exprime dans une interview publiée jeudi dans la Croix son “inquiétude” face au projet de loi bioéthique et met en garde contre la tentation de “raboter” les précautions prises dans les lois précédentes, notamment concernant la PMA.

“Je m’inquiète de l’invention d’une forme de ‘procréation sans corps’, dans laquelle le géniteur ne serait qu’un fournisseur de matériel génétique”, estime l’archevêque de Reims dans l’entretien publié au lendemain de la présentation du projet de loi en conseil des ministres.

“On veut répondre au désir de certaines femmes d’avoir un enfant en organisant une procréation sans père. Et d’un autre côté, on veut prendre en compte le désir des enfants nés ainsi de rencontrer leur père qui n’est pas qu’un fournisseur de gamètes”, ajoute-t-il.

Promis par Emmanuel Macron mais à plusieurs reprises reporté, ce texte aborde de nombreux sujets sensibles, de l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes à l’autoconservation des gamètes en passant par la recherche sur les cellules souches.

“Il semble qu’à chaque révision de la loi, les encadrements sautent, que les précautions qui avaient été prises la fois précédente sont rabotées”, estime Mgr Éric de Moulins-Beaufort.

“Il n’y a pas si longtemps, certains – dont le Premier ministre – étaient contre la PMA pour les femmes seules et ont changé d’avis”, poursuit-il. “La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, affirme que la GPA (gestation pour autrui) est ‘aujourd’hui contraire à nos principes fondamentaux’. Les politiques peuvent dire beaucoup de belles choses à ce sujet : en restant dans leur logique, ils finiront par l’autoriser”.

Au-delà de l’Eglise catholique, une vingtaine d’associations, dont “La Manif pour tous”, opposées à l’extension de la PMA ont d’ores et déjà annoncé une manifestation le 6 octobre contre le texte qui sera examiné fin septembre en séance publique à l’Assemblée nationale puis au Sénat, avant une promulgation “fin du premier trimestre 2020”.

A la question de savoir s’il allait appeler les Catholiques à manifester, le président de la conférence des évêques de France répond : “Je pense qu’il n’est pas dans le rôle des évêques ou des prêtres de prescrire les moyens politiques avec lesquels les catholiques doivent travailler comme citoyens”.

Quant au débat parlementaire, “j’espère qu’il sera serein et aussi approfondi et que ceux qui discuteront certaines dispositions ne vivront pas sous la terreur de ne pas apparaître progressistes ou de passer pour ‘homophobes’”.

Marine Pennetier, édité par Yann Le Guernigou

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