July 24, 2019 / 3:10 PM / a month ago

Boris Johnson nouveau Premier ministre britannique

LONDRES (Reuters) - Boris Johnson, en tant que nouveau chef du Parti conservateur, a été nommé Premier ministre britannique mercredi par la reine Elizabeth, succédant à Theresa May qui tiré en juin les leçons de son incapacité à mener le Brexit à bien.

Boris Johnson, en tant que nouveau chef du Parti conservateur, a été nommé Premier ministre britannique mercredi par la reine Elizabeth, succédant à Theresa May qui tiré en juin les leçons de son incapacité à mener le Brexit à bien. /Photo prise le 24 juillet 2019/REUTERS/Hannah McKay

Dans sa première allocution devant le 10 Downing Street, il a promis un “meilleur accord” de Brexit, alors que Bruxelles a exclu de nouvelles négociations.

“Les gens qui ont parié contre la Grande-Bretagne en seront pour leurs frais parce que nous allons rétablir la confiance dans notre démocratie, tenir les promesses répétées du Parlement au peuple et sortir de l’UE le 31 octobre, point à la ligne”, a-t-il lancé sous les yeux de son amie, Carrie Symonds, et de ses conseillers.

L’ancien maire de Londres, 55 ans, a été porté lundi à la tête des Tories par les deux tiers des quelque 139.000 membres du parti qui ont voté pour choisir un successeur à Theresa May, à un moment où le Royaume-Uni est divisé et affaibli après trois années d’une crise ouverte par le référendum sur la sortie de l’Union européenne.

L’arrivée de Boris Johnson au palais de Buckingham a été perturbée par des militants de Greenpeace, qui ont tenté de bloquer son convoi afin d’alerter le futur Premier ministre sur l’urgence climatique.

Auparavant, la reine avait accepté la démission de Theresa May, qui était en poste depuis juillet 2016 à Downing Street où elle avait succédé à David Cameron.

Theresa May a retenu quelques larmes lorsque les députés de la Chambre des communes lui ont réservé une ovation à la fin de sa dernière séance de questions au Parlement en tant que Première ministre.

NOUVEAU GOUVERNEMENT

Elle a souhaité ensuite bonne chance à son successeur, qu’elle a félicité, dans son ultime discours à Downing Street, avant de se rendre au palais de Buckingham.

Il y a une semaine, Theresa May confiait que l’échec de son plan de sortie de l’Union européenne, rejeté à trois reprises par la Chambre des communes, resterait “son plus grand regret”, ajoutant avoir fait de son mieux pour rassembler une nation profondément divisée par le référendum de juin 2016 sur le Brexit.

Le ministre des Finances, Philip Hammond, farouche défenseur du maintien du Royaume-Uni dans l’UE, a également démissionné, fidèle à sa promesse de partir plutôt que de servir sous l’autorité de Boris Johnson.

Il sera remplacé par Sajid Javid, ministre de l’Intérieur sortant, un eurosceptique qui avait pourtant voté contre le Brexit.

Pour le reste, l’équipe de Boris Johnson est essentiellement composée de “Brexiters”.

Sajid Javid est remplacé à l’Intérieur par Priti Patel, Dominic Raab succède à Jeremy Hunt au Foreign Office et Dominic Cummings, l’un des artisans de la campagne victorieuse en faveur du Brexit en 2016, va devenir son conseiller.

“Il coupe les ponts avec le régime de Theresa May”, a constaté Jonathan Tonge, qui enseigne les sciences politiques à l’université de Liverpool.

“CAMÉLÉON”

Que son style et sa personnalité fascinent ou inquiètent, Boris Johnson ne pourra échapper à une question simple : peut-il réussir là où Theresa May a échoué ?

Le résultat du référendum a dévoilé un Royaume-Uni profondément divisé, non seulement sur la question de l’Union européenne mais également sur celles de l’immigration, du capitalisme, de la fin de l’empire et de ce que doit être une Grande-Bretagne moderne.

Le Parti conservateur ne dispose pas de la majorité absolue à la Chambre des communes et doit gouverner avec l’appui de 10 députés nord-irlandais favorables au Brexit.

Les partisans du Brexit soutiennent que les peurs liées à un divorce sans accord sont exagérées et que le Royaume-Uni se portera mieux s’il décide seul de sa politique et de son destin.

“S’il veut vraiment un retrait sans accord, il l’obtiendra. On ne poussera jamais un membre de l’UE dehors mais on ne l’empêchera pas de sortir. Il est plus probable que cela viendra de son propre parlement”, a expliqué un diplomate européen.

“Johnson est un tel caméléon, il s’est réinventé tellement de fois qu’il est difficile de savoir à quoi s’attendre”, a ajouté ce diplomate.

Interrogée pour savoir si un Brexit sans accord serait un enfer, une autre source européenne a fait cette réponse peu optimiste : “mon scénario, c’est le purgatoire”.

Avec Elizabeth Piper, Andy Bruce, Kate Holton, William Schomberg, David Milliken et Paul Sandle à Londres, Gabriela Baczynska à Bruxelles; Pierre Sérisier, Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français

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