July 24, 2019 / 1:40 PM / 3 months ago

Devant le Congrès, Mueller martèle qu'il n'a pas disculpé Trump

WASHINGTON (Reuters) - L’ancien procureur spécial Robert Mueller a défendu mercredi devant le Congrès américain la probité de son enquête sur l’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle de 2016.

L'ancien procureur spécial Robert Mueller a défendu mercredi devant le Congrès américain la probité de son enquête sur l'ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle de 2016. /Photo prise le 24 juillet 2019/REUTERS/Leah Millis

Il a réaffirmé qu’il n’avait pas innocenté Donald Trump de l’accusation d’entrave à la justice et qu’il ne l’avait pas “totalement disculpé”, comme l’avait pourtant dit le président.

L’ancien directeur du FBI a enquêté pendant 22 mois sur le rôle de la Russie pendant la campagne présidentielle et les soupçons d’entente entre Moscou et l’équipe de Donald Trump. Il a rendu son rapport en mars dernier mais les démocrates, majoritaires depuis janvier à la Chambre des représentants, ont insisté pour l’auditionner.

Robert Mueller, 74 ans, a commencé à témoigner devant la commission des Affaires judiciaires à 08h30 (12h30 GMT) avant d’être interrogé par la commission du Renseignement.

Les démocrates espèrent que ces dépositions susciteront un soutien dans l’opinion publique américaine qui leur permettrait de mener à bien leurs propres enquêtes sur d’éventuels comportements délictueux du président.

Ils sont cependant divisés sur l’opportunité d’engager une procédure de destitution contre Donald Trump, un aspect que Robert Mueller a refusé d’aborder.

Interrogé par la presse, Donald Trump a considéré qu’il s’agissait d’une bonne journée pour le Parti républicain et renouvelé ses attaques contre l’enquête conduite par le procureur spécial.

“Le peuple américain a compris que cette histoire est derrière nous. Il a aussi compris que cette affaire était close”, a commenté Jay Sekulow, avocat du président.

Au début de l’audition, le président de la commission des Affaires judiciaires de la Chambre, le démocrate Jerrold Nadler, a rendu hommage à “la remarquable intégrité” de Mueller et a souligné que personne, même Donald Trump, n’était “au-dessus des lois”.

Nadler lui demandant s’il avait blanchi Trump, Robert Mueller a répondu : “non”. Il a ajouté que son enquête avait été menée “de manière juste et indépendante” et que ses collaborateurs “étaient de la plus totale intégrité”.

“Laissez-moi vous dire une autre chose”, a-t-il poursuivi. “Au cours de ma carrière, j’ai vu notre démocratie confrontée à un certain nombre de défis. Les efforts du gouvernement russe pour s’ingérer dans notre élection ont compté parmi les plus sérieux (de ces défis).”

LES DÉMOCRATES ET L’”IMPEACHMENT”

Les élus républicains veulent, eux, mettre en doute les fondements mêmes de l’enquête ouverte sur l’ingérence russe par le FBI alors que Barack Obama était encore en fonction.

Pour le républicain Doug Collins, membre de la commission des Affaires judiciaires, le rapport Mueller conclut que la Russie a cherché à se mêler de l’élection présidentielle de 2016. Mais, a-t-il ajouté, “le président n’a pas comploté avec les Russes et ce que nous avons entendu aujourd’hui ne change rien à cette réalité”.

L’audition de Robert Mueller est l’occasion pour le camp démocrate de répondre à l’embarrassante question de l’”impeachment” qui divise le parti.

Beaucoup d’élus ont gardé en mémoire la faillite de cette procédure lorsqu’elle avait été menée par les républicains contre Bill Clinton.

L’aile la plus libérale du parti souhaite une procédure de destitution dans un contexte de tension accrue alimentée par Donald Trump dans la perspective de l’élection présidentielle de 2020.

Les récentes remarques adressées par le président à quatre élues démocrates issues des minorités raciales ont contribué à dégrader un peu plus les relations déjà très mauvaises entre la Maison blanche et la Chambre des représentants.

Selon une enquête de Reuters, 89 représentants démocrates seraient favorables à l’engagement de cette procédure qui aurait peu de chance d’aboutir, les républicains étant majoritaires au Sénat, la chambre compétente pour juger le chef de l’Etat.

Pour que la procédure d’empêchement soit engagée, les articles de loi doivent être approuvés à la majorité absolue de la Chambre des représentants, soit 218 élus.

Pour l’instant, la présidente de la chambre Nancy Pelosi s’oppose à engager un tel bras de fer politique avec Donald Trump, préférant l’option soutenue par les modérés : battre le président sortant lors de la prochaine élection.

Avec Patricia Zengerle; Pierre Sérisier, Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français

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