July 24, 2019 / 12:10 PM / 3 months ago

Boutonnat à la tête du CNC malgré les critiques

PARIS (Reuters) - Dominique Boutonnat a été nommé mercredi en conseil des ministres président du Centre national du cinéma (CNC) en dépit des critiques émises par une partie de la profession sur le choix de cet auteur d’un rapport controversé sur le financement du 7e Art.

Présenté comme proche d’Emmanuel Macron, le producteur français succédera à Frédérique Bredin, à la tête depuis 2013 de cette instance chargée de réglementer, soutenir et promouvoir le cinéma français et dont le mandat a expiré le 14 juillet dernier.

Agé de 49 ans, Dominique Boutonnat est l’auteur d’un rapport publié en mai sur “Le financement privé de la production et de la distribution cinématographiques et audiovisuelles”, qui a cristallisé les critiques d’une partie de la profession.

Ce rapport, critiqué pour son approche commerciale, encourage le développement du financement privé du cinéma, via notamment des fonds d’investissement.

Face aux spéculations sur sa possible nomination à la tête du CNC ces dernières semaines, plus de 70 cinéastes, parmi lesquels Jacques Audiard, Nicole Garcia et Arnaud Desplechin, ont exprimé leurs fortes réserves dans une tribune publiée le 12 juillet dernier par le magazine “Le Film français”.

“Comme la fuite de documents connus sous le nom de MacronLeaks l’a révélé, Dominique Boutonnat est un des premiers soutiens et ‘grands donateurs’ de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2016”, ont souligné les cinéastes, parmi lesquels figurent également Catherine Corsini, Michel Hazanavicius, Cédric Klapisch ou encore Noémie Lvovsky.

Cette désignation est une récompense pour “bons et loyaux services au profit du futur président de la République”, avaient-ils ajouté, relevant également “l’agrément en octobre 2018 de Ciné Axe, la société de financement de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuel (SOFICA) dont Dominique Boutonnat est le cofondateur et le président”.

“ATTAQUE CONTRE LE CINÉMA FRANCAIS”

Même inquiétude chez les étudiants de la Fémis, la prestigieuse école de cinéma française. “Si Dominique Boutonnat était nominé à la tête du CNC, il s’agirait d’une réelle attaque contre le cinéma français dans son ensemble, au delà de l’institution dont notre école dépend directement”, ont-ils écrit dans un communiqué.

Des critiques balayées par l’Elysée, qui insiste sur le fait que c’est la “première fois qu’un professionel du cinéma est nommé à cette responsabilité au CNC”.

Dominique Boutonnat, qui a notamment produit le film “Intouchables”, “va devoir transformer le CNC pour l’adapter aux bouleversements du secteur tout en respectant les fondamentaux qui ont fait le respect du cinéma français”, indique-t-on de même source.

Autre nomination annoncée mercredi par l’Elysée, celle de l’Allemand Alexander Neef en tant que directeur préfigurateur de l’Opéra de Paris dont il prendra la tête en 2021, en remplacement de Stéphane Lissner.

Au total, 17 nominations ont été ou vont être officialisées cette semaine au Journal Officiel, en conseil des ministres ou par lettre de mission.

La directrice du Centre Pompidou de Metz, Emma Lavigne, devient présidente du Palais de Tokyo, le producteur et réalisateur Michel Hazanavicius, oscarisé avec “The Artist”, est nommé président du conseil d’administration de la Fémis et Catherine Pégard a été reconduite à la tête du château de Versailles.

Marine Pennetier, édité par Sophie Louet

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