July 24, 2019 / 8:30 AM / a month ago

Brexit: Johnson va succéder à May et nommer son gouvernement

LONDRES (Reuters) - Boris Johnson va prendre ce mercredi ses fonctions de Premier ministre britannique et présenter l’équipe gouvernementale avec laquelle il entend parvenir au Brexit d’ici la fin du mois d’octobre, qu’un accord soit ou non conclu avec les Européens.

Boris Johnson va prendre ce mercredi ses fonctions de Premier ministre britannique et présenter l'équipe gouvernementale avec laquelle il entend parvenir au Brexit d'ici la fin du mois d'octobre, qu'un accord soit ou non conclu avec les Européens. /Photo prise le 23 juillet 2019/REUTERS/Toby Melville

L’ancien maire de Londres, qui a été désigné par la majorité des 160.000 délégués du Parti conservateur, succède à Theresa May au moment où le Royaume-Uni est divisé et affaibli après trois années d’une crise ouverte par le référendum sur la sortie de l’Union européenne.

Boris Johnson, qui fut l’un des défenseurs les plus bruyants du divorce, a promis qu’il donnerait, coûte que coûte, aux électeurs britanniques ce qu’ils ont souhaité lors du référendum de 2016, y compris au prix d’un bras de fer avec l’Europe.

“Comme un géant endormi, nous allons nous lever et nous libérer des chaînes du doute et des pensées négatives”, a-t-il affirmé mardi après son élection par un peu plus de 92.000 voix face au ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt.

“Nous allons relancer ce pays. Le Brexit sera chose faite le 31 octobre et nous tirerons avantage de toutes les occasions qu’il nous apportera, avec un nouvel esprit: ‘on peut le faire’”, a-t-il promis.

Theresa May, qui a gouverné le Royaume-Uni tout au long des négociations ardues avec les Européens, se rendra mercredi au palais de Buckingham pour remettre officiellement sa démission à la reine Elisabeth.

La souveraine recevra alors Boris Johnson en audience pour lui demander de constituer un gouvernement, début d’une chorégraphie politique mêlant tractations personnelles et stratégie institutionnelle.

Johnson se rendra ensuite au 10 Downing Street dans l’après-midi et s’exprimera devant les principaux membres choisis pour former son cabinet. Les choix opérés par Johnson devraient donner une première indication sur la manière dont il entend aborder la discussion entre Londres et Bruxelles.

“Boris va constituer un cabinet mettant en évidence tous les talents du parti qui reflètent réellement la Grande-Bretagne moderne”, a déclaré une source proche de l’ancien maire de Londres.

Plusieurs ministres devraient être issus des minorités ethniques tel que Priti Patel, ancienne secrétaire d’Etat au développement international contrainte à la démission pour avoir eu des rencontres secrètes avec un ministre et des officiels israéliens en 2017.

PURGATOIRE

Oliver Dowden, qui fut chef de cabinet adjoint de l’ancien Premier ministre David Cameron, l’ancienne ministre des Sports Tracey Crouch, le secrétaire d’Etat aux Finances Robert Jenrick et le député pro-Brexit Rishi Sunak devraient faire partie de l’équipe.

Le ministre de l’Intérieur Sajid Javid devrait conserver son poste tandis que le diplomate David Frost pourrait être désigné comme conseiller en charge des relations avec l’Union européenne.

Que son style et sa personnalité fascinent ou inquiètent, Boris Johnson ne pourra échapper à une question simple : peut-il réussir là où Theresa May a échoué ?

Le résultat du référendum a dévoilé un Royaume-Uni profondément divisé, non seulement sur la question de l’Union européenne mais également sur celles de l’immigration, du capitalisme, de la fin de l’empire et de ce que doit être une Grande-Bretagne moderne.

La livre sterling est affaiblie, l’économie est menacée par la récession, les alliés naturels sont hésitants et les adversaires tentent de profiter de cette vulnérabilité des Britanniques.

Le Parti conservateur ne dispose pas de la majorité absolue à la Chambre des communes et doit gouverner avec l’appui de 10 députés nord-irlandais favorables au Brexit.

Les partisans du Brexit soutiennent que les peurs liées à un divorce sans accord sont exagérées et que le Royaume-Uni se portera mieux s’il décide seul de sa politique et de son destin.

“S’il veut vraiment un retrait sans accord, il l’obtiendra. On ne poussera jamais un membre de l’UE dehors mais on ne l’empêchera pas de sortir. Il est plus probable que cela viendra de son propre parlement”, a expliqué un diplomate européen.

“Johnson est un tel caméléon, il s’est réinventé tellement de fois qu’il est difficile de savoir à quoi s’attendre”, a ajouté ce diplomate.

Interrogée pour savoir si un Brexit sans accord serait un enfer, une autre source européenne a fait cette réponse peu optimiste : “mon scénario, c’est le purgatoire”.

Pierre Sérisier pour le service français

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