July 22, 2019 / 9:26 AM / 4 months ago

Macron réplique à Hulot sur le Ceta, se défend de toute naïveté

PARIS (Reuters) - A la veille d’un vote de ratification à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron s’est une nouvelle fois défendu lundi de toute “naïveté” à l’égard du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), ripostant aux critiques émises par Nicolas Hulot sur l’absence de garanties du respect des normes environnementales et sanitaires.

A la veille d'un vote de ratification à l'Assemblée nationale, Emmanuel Macron s'est une nouvelle fois défendu lundi de toute "naïveté" à l'égard du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), ripostant aux critiques émises par Nicolas Hulot sur l'absence de garanties du respect des normes environnementales et sanitaires. /Photo prise le 22 juillet 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Quelques heures après la publication d’une tribune de son ancien ministre de la Transition écologique appelant les députés à voter contre cet accord controversé, le chef de l’Etat a mis en garde contre une “course au mieux-disant” et estimé que le “véritable idéalisme” consistait “à regarder le réel”.

“Un très gros travail a été fait par le gouvernement (...), les parlementaires, pour améliorer ce texte et obtenir des garanties supplémentaires avec de l’expertise indépendante, un dispositif de surveillance (...) et des clauses de sauvegarde environnementales”, a-t-il souligné lors d’une conférence de presse à l’Elysée.

“Est-ce que tout est garanti de toute éternité? Jamais. Donc il nous faudra être vigilants mais est-ce qu’aujourd’hui il serait responsable de dire que ce que nous-mêmes nous avons fait n’est pas effectif? Je ne le crois pas”, a-t-il poursuivi. “Je pense qu’aujourd’hui la ratification va dans le bon sens mais en nous donnant les moyens dans la durée de s’assurer qu’il est bien mis en oeuvre”.

Négocié depuis 2009 entre le Canada et l’UE, le Ceta est entré provisoirement en vigueur le 21 septembre 2017 et doit désormais être approuvé par les parlements nationaux pour être définitivement mis en oeuvre. En cas de feu vert du Parlement - l’accord sera examiné par le Sénat à l’automne -, la France deviendrait le quatorzième pays européen à approuver le texte.

Pour ses partisans, ce traité constitue un tournant dans la défense du libre-échange face à une vague protectionniste et permet de faire disparaître les tarifs douaniers sur près de 99% des marchandises entre les deux partenaires.

Ses détracteurs estiment qu’il constitue un risque de régression en matière de normes sociales et environnementales de l’Union européenne et s’inquiètent entre autres de la mise en place des tribunaux d’arbitrage.

“NOUS NOUS ISOLONS NOUS-MÊMES”

Pour Nicolas Hulot, “nous avons échoué à apporter les garanties nécessaires sur le veto climatique, les farines animales, les nouveaux OGM, la sauvegarde du principe de précaution à l’européenne”.

“Il était essentiel à l’origine de démontrer que les craintes de certains étaient non fondées. Mais reconnaissons que cela n’a jamais été possible”, souligne l’ancien ministre qui a quitté le gouvernement d’Edouard Philippe en août 2018 en déplorant une politique des “petits pas”.

“Demain chacun de vous aura plus de pouvoir que tous les ministres de l’écologie réunis”, écrit-t-il dans sa lettre ouverte aux députés français. “Demain, chacun de vous sera libre de voter contre la ratification du Ceta et exiger ainsi la réouverture des négociations (..) Demain, comme le voudraient tant de Français, ayez le courage de dire non.”

“Quand on s’est battu pour améliorer un texte dans une condition, on ne peut dire quelques mois plus tard le contraire ou alors il fallait le dire quand on était aux responsabilités”, a répliqué Emmanuel Macron.

“Je ne fais preuve d’aucune naïveté”, a-t-il ajouté. “Quel est le résultat de cette course au mieux-disant? La fermeture de toutes nos frontières? (....) Si nous décidons de tout refuser par principe comme accord commercial, alors nous nous isolons nous-mêmes”.

Signe de la sensibilité du sujet, ce dossier, qui suscite des doutes y compris au sein de la majorité, a donné lieu la semaine dernière à de vifs débats à l’Assemblée, et le vote, initialement prévu mercredi dernier, a été repoussé à mardi après des protestations de l’opposition qui réclamait un scrutin public.

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’était dit prêt à reconsidérer sa position si l’impact du traité était jugé négatif par la commission d’évaluation mise en place en juillet 2017. Cette dernière a estimé que le traité devrait avoir un impact “légèrement défavorable” sur le climat et a émis neuf recommandations au gouvernement.

“Vous allez le voir dans le vote, nous ne sommes pas seuls contre tous”, a déclaré le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume sur France 2. “Aujourd’hui, avec le Ceta, nous sommes assurés que nous n’importons pas l’agriculture que nous ne voulons pas”.

Des arguments qui peinent à convaincre l’opposition, également hostile à un autre accord de libre-échange, le Mercosur, conclu récemment entre l’Union européenne et le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay.

Marine Pennetier, édité par Sophie Louet

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