July 19, 2019 / 1:36 PM / 5 months ago

Rescapés et victimes déboutés, 25 ans après un naufrage meurtrier

Les gens se rassemblent au mémorial pour les victimes du naufrage de de l'Estonia à Stockholm. La justice française a débouté vendredi les rescapés et proches des victimes du naufrage de l'Estonia, l'une des pires catastrophes maritimes du XXe siècle, qui espéraient obtenir plus de 40 millions d'euros du constructeur et de Bureau Veritas, la société de certification du navire. /Photo d'archives/REUTERS/Claudio Bresciani/TT News Agency

NANTERRE (Hauts-de-Seine) (Reuters) - La justice française a débouté vendredi les rescapés et proches des victimes du naufrage de l’Estonia, l’une des pires catastrophes maritimes du XXe siècle, qui espéraient obtenir plus de 40 millions d’euros du constructeur et de Bureau Veritas, la société de certification du navire.

Sauf recours, cette décision rendue par le tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) solde plus de vingt années de procédures, lancées après le naufrage du navire, en mer Baltique, qui a coûté la vie à 852 personnes dans la nuit du 27 au 28 septembre 1994.

Dans leur décision de plus de 200 pages, les juges n’ont pas suivi le raisonnement des demandeurs, qui s’estimaient en droit d’être indemnisés à hauteur de 40,8 millions d’euros au total au titre du préjudice moral - autrement dit du traumatisme subi.

Les avocats des 1.116 survivants et ayants droit des victimes s’étaient tournés vers la France, “pays de la juridiction naturelle du Bureau Veritas”, selon eux.

In fine, les magistrats ont jugé que les pièces du dossier et l’audience, en avril, n’avaient pu permettre d’établir l’existence d’une faute lourde ou intentionnelle imputable au groupe français ou aux chantiers navals Meyer Werft.

Ce procès posait la question de la responsabilité dans le naufrage qui a endeuillé la Suède et l’Estonie, les deux pays d’origine de la plupart des victimes, il y a un quart de siècle.

La nuit du drame, l’Estonia, qui transportait 989 personnes, a coulé en moins de trente minutes, dans une mer agitée, lors de la traversée entre Tallin et Stockholm. Cent trente-sept passagers ont pu être secourus et 737 corps, sur les 852 victimes, n’ont jamais été repêchés.

Le navire gît désormais dans les eaux internationales par 85 mètres de fond, à la verticale du lieu où il a sombré.

Les demandeurs ont été condamnés à verser 105.000 euros au total aux deux groupes poursuivis - 70.000 à Bureau Veritas et 35.000 au constructeur - en raison des frais de justice engagés. Me François Lombrez, l’un des avocats des rescapés, a fait savoir qu’il se réservait la possibilité de former un recours.

Simon Carraud, édité par Sophie Louet

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