July 16, 2019 / 3:22 PM / 3 months ago

La carrière de Rugy stoppée net par le scandale

PARIS (Reuters) - François de Rugy, un écologiste ayant connu une ascension fulgurante grâce à son ralliement à Emmanuel Macron, a dû démissionner mardi du ministère de la Transition écologique après avoir été mis en cause pour des dépenses jugées somptuaires dans le cadre de ses fonctions.

François de Rugy, un écologiste ayant connu une ascension fulgurante grâce à son ralliement à Emmanuel Macron, a dû démissionner mardi du ministère de la Transition écologique après avoir été mis en cause pour des dépenses jugées somptuaires dans le cadre de ses fonctions. /Photo prise le 23 mai 2019/REUTERS/Ludovic Marin

Sa position était devenue intenable en raison de la publication de plusieurs articles de Mediapart faisant état de dîners luxueux à l’Assemblée nationale puis de travaux à son ministère, dépenses qu’il estimait justifiées.

Vendredi dernier encore, il disait sa détermination à conserver son poste en dépit des révélations de la presse sur son train de vie, contenant selon lui de nombreux “mensonges” qui l’ont mis “très en colère”.

Mais il a jeté l’éponge quatre jours plus tard.

“La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d’assumer sereinement et efficacement la mission que m’ont confiée le Président de la République et le Premier ministre”, écrit-il sur Facebook, dénonçant la “volonté de nuire” de Mediapart sur la base de “photos volées, de ragots, d’approximations, d’éléments extérieurs à ma fonction”.

François Goullet de Rugy, 45 ans, avait connu la consécration en devenant président de l’Assemblée nationale dans la foulée de l’élection présidentielle puis, le 4 septembre 2018, en remplaçant Nicolas Hulot à l’Ecologie.

Ministre d’Etat, il occupait la deuxième place du gouvernement dans l’ordre protocolaire.

Là, il a repris les dossiers laissés par Nicolas Hulot - la biodiversité, le climat ou l’avenir de la filière nucléaire - sans avoir eu le temps d’imprimer véritablement sa marque dans ce que l’un de ses lointains prédécesseurs, Robert Poujade, nommait “le ministère de l’impossible”.

L’Hôtel de Roquelaure, où les ministres se succèdent à un rythme parfois effréné, verra donc arriver un troisième occupant depuis le début du quinquennat Macron, il y a un peu plus de deux ans.

RUPTURE AVEC LES VERTS

Ce Nantais de naissance a été constamment élu puis réélu député de Loire-Atlantique entre 2007 et 2017.

D’abord désigné sous l’étiquette des Verts, il a assuré la co-présidence du tout nouveau groupe écologiste à l’Assemblée - une première dans l’histoire parlementaire - aux côtés de Barbara Pompili, jusqu’à la dissolution du groupe en mai 2016.

Il a été réélu en 2017 sous la bannière LaRem après avoir rejoint le camp présidentiel.

Co-fondateur du parti Écologistes, François de Rugy avait participé en janvier 2017 à la primaire de la gauche en vue de l’élection présidentielle, remportée par le socialiste Benoît Hamon.

Crédité de 3,82% des voix lors ce scrutin, il avait rejoint La République en Marche derrière un Emmanuel Macron alors en pleine ascension.

Avant d’être parlementaire, François de Rugy a occupé entre 1997 et 2002 les fonctions de secrétaire général du groupe radical, citoyen et vert (RCV), entité composée d’élus divers gauche et écologistes.

Sa rupture avec les Verts sous le quinquennat de François Hollande est liée aux positions irréconciliables entre les députés écologistes désireux comme lui de soutenir le gouvernement socialiste, et les partisans d’une ligne plus dure notamment défendue par l’ancienne ministre Cécile Duflot.

Estimant que le parti s’enfonçait alors “dans une dérive gauchiste”, François de Rugy avait rejoint le groupe socialiste, avant d’être élu vice-président de l’Assemblée nationale.

Fin connaisseur des questions environnementales, François de Rugy était opposé au projet controversé de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), finalement abandonné par l’actuel exécutif.

Le 17 janvier 2017, François de Rugy a épousé en secondes noces Séverine Servat, journaliste à l’hebdomadaire Gala.

Cette dernière est mise en cause par Mediapart pour avoir convié certains de ses amis à des dîners à l’hôtel de Lassay quand son mari était président de l’Assemblée. Une des photos publiées par le site d’informations la représente derrière une bouteille de vin d’un grand cru.

Le désormais ex-ministre veut croire, semble-t-il, que ces clichés ne mettront pas un terme définitif à sa carrière.

“Je veux dire aussi à bientôt”, a-t-il écrit sur Facebook.

Elizabeth Pineau avec Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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