July 7, 2019 / 11:43 AM / a month ago

Le BTP, cible du projet de loi sur l'économie circulaire

PARIS (Reuters) - Le secteur du bâtiment et des travaux publics sera une des cibles du projet de loi sur l’économie circulaire que la secrétaire d’Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, présentera mercredi en conseil des ministres.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics sera une des cibles du projet de loi sur l'économie circulaire que la secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, présentera mercredi en conseil des ministres. /Photo d'archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Ce projet de loi vise notamment à réduire les déchets et à améliorer le recyclage en France.

“En France, on produit l’équivalent de cinq tonnes de déchets par an et par personne. C’est beaucoup trop et ça finit par se déverser dans des décharges sauvages”, explique Brune Poirson dans une interview au Journal du Dimanche.

“Un des secteurs qui doivent réagir, c’est la construction”, ajoute-t-elle. “Sur nos  4,6 tonnes de déchets annuelles, 600  kg seulement sont des déchets ménagers, 700 kg des déchets d’entreprise. Tout le reste,  soit 3,4 tonnes, vient du BTP !”

Selon la secrétaire d’Etat, seulement 3 % du verre des vitres collectées est ainsi recyclé, alors que le verre est fabriqué avec du sable, ressource de plus en plus rare.

“Notre exigence est que les entreprises du BTP trient et valorisent au maximum leurs déchets”, précise-t-elle. “Nous nous laissons la possibilité de mettre en place le principe du pollueur-payeur sur les matériaux de construction afin de financer la reprise gratuite des déchets dans les déchetteries s’ils ont été correctement triés auparavant.”

D’autres pans entiers de l’économie ne prennent pas en charge le traitement de leurs déchets, déplore-t-elle : “Les articles de bricolage, de jardinage, de sport, les jouets, les mégots ... Ça va changer.”

“Demain, comme cela existe déjà sur les emballages, le mobilier ou les produits électroménagers, les entreprises devront s’organiser entre elles pour créer un éco-organisme qui gérera financièrement leurs déchets et les incitera à mieux concevoir leurs produits”, ajoute-t-elle.

BONUS-MALUS

Le projet de loi instaurera un système de bonus-malus pour avantager les produits les plus vertueux en réduisant leur prix.

Ce bonus-malus “pourra varier jusqu’à 20 % selon les produits”, précise la secrétaire d’Etat, qui dit cependant vouloir aller par étape et tester cette mesure sur certains produits avant la fin du quinquennat.

Le projet de loi fixe comme objectif le recyclage de 100 % des plastiques en 2025. Il renforce le pouvoir des maires et autorisera la vidéosurveillance pour lutter contre les décharges sauvages, avec des sanctions à la clef. Le gouvernement souhaite par ailleurs interdire la destruction des invendus .

“Dans un premier temps, les entreprises pourront en faire don à des associations. Mais, à terme, nous souhaitons lutter contre la surproduction, que les entreprises gèrent mieux leurs stocks”, précise Brune Poirson.

Le gouvernement envisage également à terme de rétablir la consigne pour les bouteilles en matière plastique.

“Le principe est arrêté car c’est le seul qui garantit des niveaux de collecte très élevés, mais il reste à déterminer le ‘comment ‘”, dit la secrétaire d’Etat.

Elle estime que cette loi “marquera un vrai tournant écologique” et un changement de modèle.

“L’économie circulaire, ce sont 300.000  emplois de plus sur les territoires, non délocalisables, et la garantie d’une plus grande indépendance en réduisant nos importations de matières premières”, explique la secrétaire d’Etat.

“Dans vos téléphones portables, on trouve 30  métaux rares, dont beaucoup viennent de Chine. A-t-on envie d’être dépendant de la Chine pour ces ressources stratégiques ?” ajoute-t-elle.

L’économie circulaire permettra aussi des gains de pouvoir d’achat en réparant plutôt qu’en jetant pour racheter et en intégrant davantage de matières recyclées dans les produits de consommation courante, fait-elle aussi valoir.

Elle admet cependant qu’il y a des résistances.

“Je suis face à des lobbies puissants”, dit-elle. “S’attaquer aux déchets, c’est un vrai combat. Ce monde-là est l’un des secteurs les plus opaques en France. La dernière grande loi sur le sujet a près de 30 ans !”

Emmanuel Jarry

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