July 2, 2019 / 5:31 PM / in 15 days

UE: Le Conseil choisit von der Leyen, Michel, Borrell et Lagarde

BRUXELLES (Reuters) - Après trois jours d’âpres discussions, qui ont révélé l’étendue de leurs divergences, les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont entendus mardi pour proposer les candidatures de Christine Lagarde à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE) et d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission.

Après trois jours d'âpres discussions, qui ont révélé l'étendue de leurs divergences, les chefs d'Etat et de gouvernement européens se sont entendus mardi pour proposer les candidatures de Christine Lagarde à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE) et d'Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission. /Photo prise le 27 février 2019/REUTERS/Fabrizio Bensch

Ils ont en outre choisi d’attribuer la présidence du Conseil au Premier ministre belge, le libéral Charles Michel, et le poste de Haut représentant aux Affaires étrangères au chef de la diplomatie espagnole Josep Borrell, membre du Parti socialiste.

Après avoir déploré l’échec de la veille, le président français Emmanuel Macron a vanté une conclusion “positive et consensuelle” et le choix de “quatre personnalités qui se sont toujours illustrées par leur engagement extrêmement fort en faveur de l’Europe”.

“C’est fait”, s’est félicité le chef du gouvernement Luxembourgeois Xavier Bettel, qui a été le premier à lever le voile sur ce nouvel “attelage”, au terme d’un sommet houleux.

La désignation de deux femmes aux postes clés, ce qui est inédit, pourrait atténuer la frustration suscitée par ces négociations tendues.

“Après tout, Europe est une femme”, a souligné Donald Tusk, président sortant du Conseil européen. “Christine Lagarde (...) sera une parfaite présidente de la Banque centrale européenne. Je suis absolument certain qu’elle sera une présidente très indépendante”, a-t-il ajouté.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) s’est dite “honorée” d’être choisie pour succéder à Mario Draghi et a annoncé sa mise en retrait de ses fonctions actuelles pendant le processus de confirmation de sa nomination.

“L’analyse à l’unanimité du Conseil a été que les capacités, les compétences de Mme Lagarde la qualifient totalement pour ce poste”, a souligné Emmanuel Macron, interrogé sur les doutes de certains observateurs devant la perspective de voir une personnalité extérieure au monde des banques centrales nommée à ce poste.

“Elle a été pendant plusieurs années ministre de l’Economie et des Finances à une époque particulièrement difficile, en affrontant des crises, en particulier la plus grande crise financière et de dettes souveraines des dernières décennies”, a-t-il poursuivi.

“Elle a ensuite été à la tête du Fonds monétaire international, ce qui me paraît qualifier très profondément pour avoir les qualités requises, d’une part pour maîtriser la politique monétaire, d’autre part pour avoir une crédibilité face aux marchés.”

CAP SUR LE PARLEMENT

Donald Tusk a précisé qu’Ursula von der Leyen, ministre allemande de la Défense et membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), prendrait à ses côtés le socialiste néerlandais Frans Timmermans et la commissaire danoise à la Concurrence, la libérale Margrethe Vestager.

Il a ajouté que le Conseil espérait que les députés européens éliraient à la présidence du Parlement un socialiste pour un premier mandat et un membre du Parti populaire européen (PPE) pour un second.

Le Parlement doit élire son nouveau président mercredi. Pour accéder à la présidence de la Commission, Ursula von der Leyen, doit quant à elle obtenir une majorité au Parlement.

Le groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement, qui espérait jusque dans la matinée voir Frans Timmermans prendre la présidence de la Commission, s’est dit profondément déçu des choix du Conseil.

“Cette proposition est profondément décevante pour nous. Notre groupe est resté ferme dans la défense de la démocratie européenne et (...) du processus de Spitzenkandidat, et nous ne voulons pas qu’il meure”, a déclaré Iratxe Garcia, présidente du groupe.

“Il est inacceptable que les gouvernements populistes représentés au Conseil excluent le meilleur candidat uniquement parce qu’il a défendu l’état de droit et nos valeurs européennes “, ajoute-t-elle, évoquant la Pologne, la Hongrie et l’Italie, qui se sont opposées lundi au choix de Frans Timmermans.

Emmanuel Macron a estimé que les chefs d’Etat et de gouvernement devaient désormais “convaincre leur famille politique, leurs parlementaires de voter en faveur de cet accord”.

“Cet accord est solidaire donc les parlementaires de telle ou telle sensibilité qui décideraient de ne pas soutenir tel choix s’exposeraient aussi à avoir un manque de solidarité de leurs collègues sur tel autre”, a-t-il ajouté.

avec Richard Lough, Andreas Rinke, Peter Maushagen, Alexandra Regida, Alissa de Carbonnel et Belen Carreno; Jean-Philippe Lefief pour le service français

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