July 1, 2019 / 4:45 PM / 5 months ago

Intervention de la police au parlement de Hong Kong

HONG KONG (Reuters) - La police de Hong Kong est intervenue dans la nuit de lundi à mardi pour évacuer les manifestants, qui s’étaient introduits par la force dans le parlement de Hong Kong, ont constaté des journalistes de Reuters.

La police de Hong Kong est intervenue dans la nuit de lundi à mardi pour disperser les manifestants, qui s'étaient introduits par la force dans le parlement de Hong Kong, ont constaté des journalistes de Reuters. /Photo prise le 1er juillet 2019/REUTERS/Tyrone Siu

Arrivés en bus, les des forces de l’ordre ont pris position autour du bâtiment, situé en plein coeur du quartier financier de l’ancienne colonie britannique.

Plusieurs salves de gaz lacrymogènes ont été projetées en direction des contestataires dont beaucoup ont pris la fuite dans un épais panache de fumée. La plupart avaient évacué les lieux aux premières heures du jour.

A la suite de l’intervention des forces de l’ordre, la dirigeante de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a assuré que la police avait fait preuve de retenue, et elle a vigoureusement condamné les violences survenues avec l’envahissement du parlement.

L’intervention de la police s’est produite plusieurs heures après l’irruption à l’intérieur du parlement d’un groupe composé principalement d’étudiants casqués et masqués.

Ces derniers ont utilisé un chariot en métal, des poteaux et des morceaux d’échafaudage pour briser les portes en verre du Conseil législatif avant de s’introduire dans la salle du parlement où il se sont installés sur les sièges habituellement occupés par les députés.

Les protestataires voulaient exprimer leur colère contre le projet de loi facilitant les extraditions vers la Chine continentale, que l’exécutif hongkongais a suspendu sous la pression de la rue sans toutefois le retirer complètement.

Les incidents ont éclaté peu avant le début d’une grande manifestation pro-démocratie organisée pour le 22e anniversaire de la rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine, le 1er juillet 1997.

Le gouvernement a demandé la fin immédiate des violences, rappelant que l’examen du projet de loi contesté était suspendu. Les travaux prévus mardi au Conseil législatif ont été annulés “pour des raisons de sécurité”.

L’exécutif hongkongais a suspendu le mois dernier la mise en oeuvre de la loi mais la contestation se poursuit pour demander l’abandon définitif du projet et appeler à la démission de Carrie Lam.

ANNIVERSAIRE DE LA RÉTROCESSION

Celle-ci, soutenue par Pékin mais dont la position s’est fragilisée au fil de la contestation, a effectué lundi matin sa première apparition publique en près de deux semaines, à l’occasion de la cérémonie marquant l’anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine.

Le projet de loi sur l’extradition, qui concerne les sept millions d’habitants de la région administrative spéciale mais également les ressortissants étrangers et chinois résidents ou de passage, a provoqué un vaste tollé à Hong Kong.

Au lendemain de la suspension de l’amendement législatif controversé mi-juin, environ deux millions de personnes étaient descendues dans les rues de Hong Kong, le point fort de la contestation qui dure depuis plusieurs semaines.

Ces dernières années, le rassemblement du 1er juillet a mis en évidence le désespoir de nombreux Hongkongais face à ce qu’ils considèrent comme une ingérence grandissante de la Chine continentale et l’érosion de leurs libertés.

Pékin nie toute ingérence dans les affaires de Hong Kong, mais de nombreux habitants voient dans le projet de loi sur l’extradition une mesure supplémentaire du gouvernement chinois vers une mainmise sur l’ancienne colonie britannique.

Les organisateurs du mouvement de contestation contre le projet de loi sur l’extradition ont dit s’attendre à une forte participation au rassemblement de lundi, le 1er juillet étant un jour férié à Hong Kong. Les marchés financiers et la plupart des entreprises sont fermés.

Les opposants au projet de loi font valoir que celui-ci est de nature à remettre en cause le principe “un pays, deux systèmes” qui a présidé à la rétrocession à la Chine de l’ex-colonie britannique, car elle permettrait à Pékin d’accroître son influence dans la gestion des affaires de la cité et réduirait de fait le haut degré d’autonomie dont bénéficie Hong Kong.

Ils notent que le texte permettrait l’extradition arbitraire d’individus vers la Chine continentale où, disent les adversaires de la loi, ils ne bénéficieraient pas d’une justice équitable.

Jean Terzian, Tangi Salaün, Guy Kerivel, Nicolas Delame et Eric Faye pour le service français

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