June 30, 2019 / 11:18 AM / 4 months ago

Les Européens reprennent leur Meccano institutionnel

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens tentaient dimanche soir de choisir leur candidat à la présidence de la Commission et d’autres hauts responsables lors d’un Conseil extraordinaire à Bruxelles, après avoir échoué à le faire il y a une dizaine de jours.

Les dirigeants européens tentaient dimanche soir de choisir leur candidat à la présidence de la Commission et d'autres hauts responsables lors d'un Conseil extraordinaire à Bruxelles, après avoir échoué à le faire il y a une dizaine de jours. /Photo prise le 10 avril 2019/REUTERS/Yves Herman

Plusieurs sources ont cité le socialiste néerlandais Frans Timmermans comme favori pour succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de l’exécutif européen mais cette idée a provoqué une levée de boucliers des dirigeants des pays de l’Est.

Les chefs d’Etat et de gouvernement devaient également désigner les futurs président du Conseil et Haut représentant pour les affaires étrangères, le choix du prochain président de la Banque centrale européenne (BCE) intervenant plus tard, a déclaré Emmanuel Macron à son arrivée au Conseil.

Selon deux diplomates et un conseiller du Parlement européen, un compromis autour du nom de Frans Timmermans, vice-président de la Commission et ancien ministre des Affaires étrangères, a été trouvé entre la France et l’Allemagne à l’occasion du sommet du G20 vendredi et samedi.

Plusieurs dirigeants de pays d’Europe de l’Est ont répété leur hostilité à un tel choix. Frans Timmermans a plusieurs fois accusé la Pologne et la Hongrie de violation des droits civils.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a écrit aux dirigeants conservateurs de l’UE pour signifier son opposition et la Pologne et la Croatie ont exprimé leurs préoccupations.

“Je crains que cette personne ne soit pas vraiment la bonne pour unir l’Europe”, a déclaré le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, en arrivant au Conseil.

Pour être choisi par le Conseil, un candidat doit être soutenu par au moins 72% des 28 Etats membres, qui doivent représenter au moins 65% de la population de l’UE. Il doit ensuite recueillir la majorité au Parlement pour être élu.

ÉQUILIBRES GÉOGRAPHIQUE ET FEMMES-HOMMES

Le précédent Conseil s’était soldé par un échec sur les nominations et la fragilisation de celui qui faisait figure de favori, le conservateur allemand Manfred Weber, candidat du premier groupe au Parlement, le Parti populaire européen (PPE), soutenu par Angela Merkel. Plusieurs dirigeants, dont Emmanuel Macron et le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, avaient jugé qu’il manquait d’expérience pour devenir président de la Commission.

“Il semble que les discussions ne seront pas faciles”, a déclaré la chancelière allemande à son arrivée au Conseil.

Emmanuel Macron a répété qu’il faudrait trouver un équilibre politique et géographique et insisté sur l’exigence de parité femmes-hommes dans la désignation de quatre grands responsables.

Le président français a souligné que le choix de la personnalité pour le cinquième grand poste à pourvoir - la présidence du Parlement européen - n’était pas une prérogative du Conseil mais des députés.

“Dans les quatre postes qui dépendent du Conseil, il faudra qu’il y ait deux hommes et deux femmes, ce sera pour moi un engagement clair”, a-t-il dit.

Les possibles candidates incluent la commissaire danoise à la Concurrence, Margrethe Vestager, la Bulgare Kristalina Georgieva, actuelle directrice générale de la Banque mondiale et ex-commissaire européenne, et la ministre espagnole de l’Economie, Nadia Calvino.

Pour ce qui est de la BCE, le Français François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, pourrait succéder à Mario Draghi, selon un diplomate européen. La candidature du Finlandais Erkki Liikanen est également dans la balance.

Les dirigeants ont bloqué un petit-déjeuner lundi au cas où ils ne parviendraient pas à se mettre d’accord dimanche soir.

Belén Carreño, Peter Maushagen, Robin Emmott, Jean-Baptiste Vey, Francesco Guarascio et Andreas Rinke, avec Henri-Pierre André pour le service français

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