June 24, 2019 / 5:17 PM / 5 months ago

Polémique à Nantes après l'évacuation musclée d'une "free party"

NANTES (Reuters) - L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie d’une enquête sur une opération de maintien de l’ordre à Nantes à l’occasion de la fête de la musique dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé lundi le ministère de l’Intérieur.

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie d'une enquête sur une opération de maintien de l'ordre à Nantes à l'occasion de la fête de la musique dans la nuit de vendredi à samedi. /Photo prise le 25 mai 2019/REUTERS/Emmanuel Foudrot

Au moins 14 personnes sont tombées dans la Loire lors de cette opération. Un jeune homme de 24 ans était toujours porté disparu lundi et ses proches ont lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux pour le retrouver.

“Les policiers sont intervenus une première fois un peu après 04h00 pour faire éteindre la musique”, a déclaré lundi matin le préfet de Loire-Atlantique, Claude d’Harcourt, sur France Bleu Loire Océan.

“Mais la musique a été rallumée. Les forces de l’ordre sont donc intervenues une deuxième fois, face à des gens qui avaient beaucoup bu et qui avaient aussi sans doute pris de la drogue.”

Lors de leur seconde intervention, les forces de l’ordre ont été la cible de “jets de bouteilles en verre et de pierres”, selon Johann Mougenot, le directeur de cabinet du préfet de la Loire-Atlantique. Au moins cinq policiers ont été blessés au cours de ces échauffourées, selon lui.

Des gaz lacrymogènes ont alors été tirés pour faire évacuer les lieux. Or la soirée de musique électronique se déroulait sur une partie d’une île de la Loire où les quais ne sont pas munis de garde-corps.

“Cela pose le problème de la manière dont se déroule ce type de festivités et le respect des principes qui sont posés par la municipalité”, a fait valoir le préfet. “Il y aura peut-être des poursuites de ce point de vue-là.”

Claude d’Harcourt n’a pas mis en cause l’opération des forces de l’ordre, qui “interviennent toujours de manière proportionnée”.

“Face à des individus avinés, qui ont probablement pris de la drogue, il est difficile d’intervenir de façon rationnelle”, a-t-il déclaré sur France Bleu Loire Océan. “Et les individus eux-mêmes étaient immaîtrisables.”

“Les deux camps sont fautifs : il y a certainement eu des provocations de la part des participants, mais les représailles n’étaient clairement pas appropriées pour des jeunes qui faisaient la fête de la musique”, estime pour sa part Antonin Pasquier, un ami du disparu parti peu de temps avant que la situation ne dégénère et qui a relayé l’appel à témoins sur les réseaux sociaux.

“A cet endroit, on peut en effet tomber dans la Loire à tout moment. Des jeunes ont dû se retrouver bloqués, et n’ont pas eu d’autre choix que de se jeter à l’eau”, a-t-il dit à Reuters.

Guillaume Frouin, édité par Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau

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