June 18, 2019 / 3:21 PM / in 6 months

Les riches propriétaires de Saint-Briac-sur-Mer font plier l'Etat

La cour administrative d'appel de Nantes a partiellement annulé mardi l'arrêté préfectoral qui avait autorisé en 2015 le passage des promeneurs du sentier côtier sur les propriétés de plusieurs habitants aisés de Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine). /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

NANTES (Reuters) - La cour administrative d’appel de Nantes a partiellement annulé mardi l’arrêté préfectoral qui avait autorisé en 2015 le passage des promeneurs du sentier côtier sur les propriétés de plusieurs habitants aisés de Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine).

Ce sentier de promenade longe les villas et belles demeures de la famille de l’Américain John Kerry, ancien candidat démocrate à la Maison blanche, ou encore celle de l’ancien ministre français de l’Environnement Brice Lalonde.

“Cela fait quarante ans que nous faisons face, dans ce dossier, à des procédures incessantes”, avait déclaré à l’audience Patrice Petitjean, le président des Amis des chemins de ronde d’Ille-et-Vilaine, qui milite en faveur du passage des piétons sur les propriétés privées des riverains.

“Mais, depuis l’ouverture [du sentier], les retours des promeneurs sont enthousiastes, les craintes apocalyptiques des riverains ne se sont pas réalisées.”

La cour administrative d’appel de Nantes estime néanmoins que, sur certains tronçons, la proximité de la falaise voisine fait courir des risques pour les piétons.

Une étude produite par les propriétaires stipulait en effet que “le passage sur ce chemin présente à plusieurs endroits un risque réel pour les promeneurs”, rappelle la cour dans son arrêt. Le “passage répété de nombreux promeneurs risque d’accroître et d’accélérer les phénomènes d’éboulement” de la falaise voisine, mettait en avant l’expert.

“La défense n’établit pas que cette étude de mars 2015, effectuée par un expert géologue, manquerait d’objectivité”, considèrent les juges nantais. “Le préfet, en première instance, se bornait à se référer à un constat du Département d’une absence de risques, sans apporter aucun élément de nature à établir celle-ci.”

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse

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