June 15, 2019 / 12:42 PM / in 3 months

Décès de Franco Zeffirelli, maître italien du cinéma et de l'opéra

ROME (Reuters) - Franco Zeffirelli, réalisateur et metteur en scène d’opéra italien, est mort samedi à Rome à l’âge de 96 ans, laissant derrière lui une vingtaine de films et des productions acclamées sur les plus grandes scènes lyriques du monde entier.

Franco Zeffirelli, réalisateur et metteur en scène d'opéra italien, est mort samedi à l'âge de 96 ans, laissant derrière lui une vingtaine de films et des productions acclamées sur les plus grandes scènes lyriques du monde entier. /Photo d'archives/REUTERS/Tony Gentile

Zeffirelli, qui était souvent plus apprécié par le public que par la critique, était le dernier des géants du cinéma italien apparus après la Deuxième Guerre mondiale et qui comptaient aussi Federico Fellini, Luchino Visconti ou Vittorio De Sica.

Au cinéma, il avait dirigé des stars comme Elizabeth Taylor, Richard Burton, Laurence Olivier ou Faye Dunaway. Sur les scènes lyriques ou pour ses opéras filmés, il avait travaillé avec Maria Callas, Placido Domingo, Luciano Pavarotti ou Jose Carreras.

“Franco Zeffirelli, l’un des plus grands hommes de culture que le monde ait connus, s’est éteint ce matin. Adieu cher Maestro, Florence ne vous oubliera jamais”, a annoncé sur Twitter Dario Nardella, le maire de Florence, la ville natale de Zeffirelli.

Le président du Conseil, Giuseppe Conte, a fait part de sa “profonde émotion” à l’annonce du décès du Maestro, “ambassadeur italien du cinéma, de l’art et de la beauté, grand réalisateur, scénariste, scénographe” et “grand homme de culture”.

MOZART ET L’ÉTAT-CIVIL

Enfant adultérin né en février 1923 d’une couturière, Alaide Garosi Cipriani, et d’un commerçant, Ottorino Corsi, il devait son patronyme à l’amour de sa mère pour Mozart - et à une erreur administrative.

Sa mère, contrainte de lui trouver un autre nom que le sien ou celui de son père du fait des circonstances de sa naissance, souhaitait le nommer “Zeffiretti” (petits zéphyrs), un aria de l’opéra “Idoménée” de Mozart. Mais au moment de l’enregistrer, un employé d’état civil avait inscrit des “l” à la place des “t”, lui donnant son nom de Zeffirelli.

Orphelin de mère à l’âge de six ans, il avait été élevé par une Anglaise, Mary O’Neill, et fréquenté la communauté de ces Anglaises excentriques établies à Florence, qui se surnommaient les “Scorpioni”.

“Elles m’ont enseigné toutes les choses importantes de la vie. Ces femmes m’ont aidé à comprendre ma propre ville, ma propre culture et ma propre éducation”, disait-il en 1999. Il leur consacrera cette année-là un de ses films, “Un thé avec Mussolini”.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, il se bat au côté des partisans puis devient interprète de l’armée britannique.

L’après-guerre le voit étudiant en art et architecture avant d’être aspiré dans le monde du théâtre et du cinéma, d’abord comme assistant de Luchino Visconti, avec lequel il vivra trios ans.

Dans les années 1950, il dirige ses premiers opéras et signe en 1957 son premier film, “Camping”.

En 1968, son “Romeo et Juliette” lui vaut deux Oscars. En choisissant des adolescents, Olivia Hussey, alors âgée de 15 ans, et Leonard Whiting, 17 ans, pour incarner les amants de Vérone, il rompt avec la tradition. En 1977, “Jésus de Nazareth”, sa série pour la télévision, est un autre triomphe.

Il tournera aussi un “Hamlet” avec Mel Gibson (1990) puis adapte “Jane Eyre” (1996), avec Charlotte Gainsbourg et William Hurt.

TRIOMPHE À LA SCALA

En décembre 2006, pour son retour à La Scala, la célèbre scène milanaise, après 14 ans d’absence, il met en scène le “Aida” de Giuseppe Verdi, dont la première s’achève par un quart d’heure d’applaudissements à tout rompre.

Certains critiques sont moins enthousiastes, pointant le kitsch de sa scénographie rétro.

Personnage clivant, Franco Zeffirelli avait aussi défrayé la chronique par ses déclarations publiques. Elu au Sénat en 1994 sous l’étiquette de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, il avait ainsi estime que les femmes pratiquant l’interruption volontaire de grossesse méritaient la mort. Même le Vatican s’était ému.

“Les gens me demandent pourquoi je dis ce genre de choses (...) J’ai toujours eu le culte de la sincérité, dire ce qui est faux, dire ce qui est vrai”, avait-il confié naguère dans une interview accordée à Reuters.

Il expliquait aussi en 2003 que des amies de sa mère, inquiètes pour son avenir, lui avaient conseillé de se faire avorter. “Mais elle avait refusé. Elle croyait que cet enfant à naître était le monument de son formidable amour.”

Homosexuel, catholique fervent, il avait révélé dans son autobiographie parue en 2006 avoir été séduit par un prêtre quand il était adolescent mais ajouté qu’il ne s’agissait pas d’abus, parce qu’il n’y avait pas eu de violence.

avec Gavin Jones; Henri-Pierre André pour le service français

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