June 13, 2019 / 1:59 PM / 5 months ago

Pas de confiance pour le gouvernement au Sénat, nombreuses abstentions

PARIS (Reuters) - Edouard Philippe n’a pas obtenu jeudi la confiance du Sénat, contrôlé par l’opposition de droite, lors d’un vote qui, contrairement à celui organisé la veille à l’Assemblée nationale, n’engage pas la responsabilité du gouvernement.

Edouard Philippe n'a pas obtenu jeudi la confiance du Sénat, contrôlé par l'opposition de droite, lors d'un vote qui, contrairement à celui organisé la veille à l'Assemblée nationale, n'engage pas la responsabilité du gouvernement. /Photo prise le 12 juin 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Le discours de politique générale du Premier ministre, qui avait été approuvé la veille par 363 députés (163 voix contre et 47 abstentions), ne l’a été que par 71 sénateurs.

Ces derniers se sont majoritairement abstenus (93 voix contre, 181 absentions), comme annoncé mercredi soir par le groupe LR au Palais du Luxembourg.

“Le Sénat n’est pas l’Assemblée nationale. Il n’est ni dans ses attributions ni dans ses missions de renverser ou non tel ou tel gouvernement”, a déclaré la sénatrice LR Dominique Estrosi Sassone en présentant la position de son groupe.

“Depuis deux ans, nous avons été trop habitués à ce décalage entre, d’un côté, des mots forts et de l’autre des actes faibles”, a-t-elle ajouté. “Autrement dit, l’abstention c’est tout sauf un chèque en blanc. Nous jugerons sur pièce, au cas par cas, texte par texte. Ni opposition systématique, ni adhésion automatique, telle est notre ligne de conduite.”

Députés et sénateurs de droite ont ainsi adopté des stratégies différentes, dans un mouvement inverse de celui de juillet 2017 : à l’époque, les députés LR avaient accordé le bénéfice du doute au nouveau chef de gouvernement, issu de ses rangs en s’abstenant largement et une minorité de 23 élus de droite avait voté contre la confiance.

LA RÉFORME DES INSTITUTIONS, PIERRE D’ACHOPPEMENT

Désormais, s’il peut y avoir des convergences avec le gouvernement sur la réforme des retraites, de l’assurance chômage ou l’immigration, il y a aussi de “vraies différences de fonds”, a précisé Dominique Estrosi Sassone.

Elle a cité les baisses d’impôts sans “vrai plan d’économie” permettant de les financer, une protection sociale “de moins en moins universelle” ou encore “une protection de l’environnement qui se traduit par une fiscalité punitive”.

La réforme institutionnelle, prévoyant notamment une réduction du nombre de parlementaires, constitue aussi un point de crispation majeur, même si le Premier ministre a ouvert mercredi la porte à un report après les élections sénatoriales de 2020.

Cette refonte des institutions est toutefois “possible” et “nécessaire”, si le gouvernement fait preuve d’”ouverture”, a dit Dominique Estrosi Sassone.

“Autant nous saluons votre décision d’avoir renoncé à certaines atteintes au Parlement, autant nous déplorons que sur la question de la représentation des territoires, vous sembliez privilégier le rapport de force, voire la pression.”

Le Premier ministre a réexpliqué pour sa part les orientations que son gouvernement comptait prendre pour “l’Acte II” du quinquennat, comme il l’avait fait devant l’Assemblée nationale, en misant sur des réformes économiques et sociales, écologiques et sociétales.

Il a annoncé par ailleurs qu’un projet de loi “décentralisation et différenciation”, visant notamment à supprimer les doublons et examiner de nouveaux transferts de compétences aux collectivités locales, serait présenté “à la fin du premier semestre 2020”.

Marine Pennetier, Elizabeth Pineau et Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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