June 13, 2019 / 1:59 PM / 2 months ago

Loiseau renonce à briguer la tête du groupe centriste au Parlement européen

PARIS (Reuters) - La tête de liste de La République en marche (LaRem) aux élections européennes en France, Nathalie Loiseau, renonce à briguer la présidence du groupe “Renouveler l’Europe” au Parlement européen, a-t-on appris jeudi dans son entourage.

La tête de liste de La République en marche (LaRem) aux élections européennes en France, Nathalie Loiseau, renonce à briguer la présidence du groupe "Renouveler l’Europe" au Parlement européen, a-t-on appris jeudi dans son entourage. /Photo prise le 26 mai 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Dans un message aux députés de la délégation française, que Reuters a consulté, l’ancienne ministre des Affaires européennes, pointée du doigt ces derniers jours pour des propos peu amènes sur des personnalités du Parlement censées être ses alliés, dit avoir pris sa décision au nom de l’unité du groupe.

“Les candidatures à la présidence du groupe, loin de diminuer, se multiplient. Cela laisse présager une élection à plusieurs tours avec des alliances et des surprises. Aucun candidat n’est à ce jour assuré de l’emporter”, écrit-elle.

“Nous sommes la plus grosse délégation et avons une responsabilité particulière dans l’avenir du groupe. Dans ces conditions, je préfère contribuer à l’unité du groupe plutôt que de participer à sa division”, ajoute la tête de liste LaRem-MoDem, qui a envoyé 21 députés à Strasbourg le 26 mai.

“Je préfère aussi ne pas passer des accords qui pourraient limiter notre impact collectif pour porter le projet de notre liste”, poursuit-elle. “Je renonce donc à briguer la présidence du groupe et me tiens à votre disposition pour que nous en parlions ensemble.”

Pour l’Elysée, ce renoncement ne change rien à “l’ambition” française à Strasbourg.

“Ça ne change rien au groupe et à l’ambition”, a déclaré une source à la présidence française. “C’est au contraire un signe d’unité en privilégiant d’autres postes pour nous afin de ne pas donner un sentiment d’écrasement du groupe.”

La porte-parole du gouvernement français, Sibeth NDiaye, a elle aussi minimisé ce renoncement. “Je ne suis pas certaine que l’intérêt de la France et du pays soit forcément de présider ce groupe”, a-t-elle dit sur BFM TV.

“Nous avons vocation à partager des responsabilités avec d’autres pays”, a-t-elle ajouté, évoquant la présidence des commissions. “Il y a un équilibre qui doit être trouvé entre les différents pays et entre nos différents partenaires à l’échelle européenne”.

“SAGE DÉCISION”

Déjà fragilisée pour des maladresses pendant la campagne en France, Nathalie Loiseau est accusée par le journal belge Le Soir d’avoir tenu la semaine dernière des propos offensants envers certains députés européens membres de son groupe comme l’ex-Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, l’ancien ministre français Jean Arthuis et Manfred Weber, leader de la droite conservatrice et candidat à la présidence de la Commission.

L’ancienne ministre a démenti, sans convaincre, comme en a témoigné un message posté par Jean Arthuis mardi sur Twitter. “Je salue l’intelligence politique de @NathalieLoiseau et la sincérité de ses démentis. Entrée prometteuse au Parlement européen”, ironisait-il.

Sur le même réseau social, Jean Arthuis qualifié jeudi de “sage décision” le renoncement de Nathalie Loiseau à la présidence de groupe.

Le Roumain Ciolos Dacian, ancien Premier ministre et ex-commissaire à l’Agriculture “devrait y jouer un rôle important”, ajoute le député européen.

Elaboré en remplacement de l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (Alde), le groupe centriste “Renouveler l’Europe” (“Renew Europe”) compte une centaine de membres.

C’est le troisième groupe en nombre d’élus derrière les conservateurs du Parti Populaire Européen (PPE, droite) et les sociaux-démocrates. Emmanuel Macron souhaite qu’il joue un rôle décisif dans le choix du prochain président de la Commission.

Selon un porte-parole de Renew Europe, quatre personnes briguent désormais la présidence du groupe, dont le Suédois Fredrick Federley et la Néerlandaise, Sophie in’t Veld. Le choix devrait intervenir le 18 juin prochain.

Avec Jean-Baptiste Vey à Paris et Gabriela Baczynska à Bruxelles, édité par Yves Clarisse

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