June 11, 2019 / 4:00 PM / 2 months ago

Philippe monte au front avant des réformes délicates

PARIS (Reuters) - Edouard Philippe détaillera mercredi la prochaine phase du quinquennat d’Emmanuel Macron qui doit permettre de mener à bien les délicates réformes de l’assurance chômage et des retraites et confirmer la conversion écologique de l’exécutif.

Edouard Philippe détaillera mercredi la prochaine phase du quinquennat d'Emmanuel Macron qui doit permettre de mener à bien les délicates réformes de l'assurance chômage et des retraites et confirmer la conversion écologique de l'exécutif. /Photo prise le 6 juin 2019/REUTERS/Fred Tanneau

Le Premier ministre prononcera son discours de politique générale en position de relative force, la crise des “Gilets jaunes” semblant en voie d’extinction et les élections européennes n’ayant donné qu’une courte avance au Rassemblement national.

Le scrutin, qui a montré la mainmise de la majorité présidentielle sur l’électorat modéré, précipitant Républicains et socialistes à leurs plus bas niveaux, s’est accompagné d’une nette hausse des cotes de confiance du duo exécutif.

Interrogé mardi à l’Assemblée nationale, Edouard Philippe s’est contenté de dire qu’il préciserait “la méthode, le sens des mesures que nous allons prendre”. Les deux discours, mercredi à l’Assemblée et jeudi au Sénat, seront suivis d’un vote de confiance.

Le principal défi pour le Premier ministre et le chef de l’Etat, guère menacés par des oppositions fragilisées, voire décapitées, est d’éviter un nouvel embrasement social.

L’un et l’autre ont promis d’écouter davantage les Français, les corps intermédiaires et les élus locaux, mais ils ne pourront éviter de fâcher en touchant à l’assurance chômage et aux retraites.

CALENDRIER CHARGÉ JUSQU’AUX MUNICIPALES

Malgré l’hostilité des syndicats, les nouvelles règles de l’assurance chômage, dont la présentation est attendue dans les prochains jours, pourraient durcir les conditions d’accès et créer une dégressivité des allocations pour les cadres les mieux rémunérés.

La réforme des retraites, dont la présentation est censée intervenir cet été, pourrait quant à elle fixer un nouvel âge “pivot”, à 64 ans, en dessous duquel les retraités seraient pénalisés, une mesure à laquelle plusieurs syndicats sont ouvertement opposés. Cet âge pourrait être relevé régulièrement afin de réduire le déficit financier du système.

Avant même l’entrée en vigueur de cette réforme, l’exécutif pourrait décider d’accélérer l’allongement de la durée de cotisation déjà prévu dans la loi, au risque d’accroître le ressentiment à son égard.

Edouard Philippe devrait préciser le calendrier des nombreux autres chantiers annoncés par l’exécutif d’ici les élections municipales de mars 2020.

La principale incertitude porte sur la réforme constitutionnelle, dont l’examen avait été interrompu l’été dernier par “l’affaire Benalla”.

Les projets de loi qui la composent devraient être présentés en juillet au conseil des ministres mais la tiédeur persistante du Sénat menace la majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès nécessaire pour la faire adopter.

Le Premier ministre est également attendu sur la promesse de transformation de l’action publique, mêlant décentralisation et déconcentration, qui doit rapprocher l’Etat des citoyens en augmentant le nombre de fonctionnaires à leur contact, permettre des économies dans les services centraux et donner plus de pouvoir aux exécutifs locaux.

Il devrait confirmer l’accent mis ces derniers mois par Emmanuel Macron sur la lutte contre le dérèglement climatique.

Le Premier ministre a fait lui-même la semaine dernière la promotion d’un volet du projet de loi antigaspillage, qui doit être présenté en juillet, et qui prévoit d’interdire la destruction des produits non alimentaires invendus.

Une autre incertitude concerne la date de la révision de la loi de bioéthique, qui prévoit l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, dont la présentation au Parlement a déjà été retardée et dont l’aile gauche de la majorité redoute un report après les municipales.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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