June 11, 2019 / 3:30 PM / 6 months ago

Le retour à l'équilibre des retraites plus long que prévu

PARIS (Reuters) - Le système des retraites resterait en besoin de financement jusqu’en 2042 et non 2036 comme annoncé en juin dernier, et ce dans le meilleur des scénarios de croissance, selon le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR).

Le système des retraites resterait en besoin de financement jusqu'en 2042 et non 2036 comme annoncé en juin dernier, et ce dans le meilleur des scénarios de croissance, selon le rapport annuel du Conseil d'orientation des retraites (COR). /Photo prise le 28 mars 2019/REUTERS/Kevin Coombs

Le solde financier du système devrait s’établir à -0,4% du PIB à l’horizon 2022, quel que soit le scénario de croissance retenu (1,8%, 1,5%, 1,3% ou 1% par an), peut-on lire dans le rapport obtenu par Reuters qui sera rendu public jeudi.

Le système reviendrait à l’équilibre en 2042 en cas de croissance de 1,8% et en 2056 en cas de croissance de 1,5%. Le COR avait prévu en juin dernier un retour à l’équilibre dans le meilleur des scénarios dès 2036.

Les régimes resteraient en besoin de financement jusqu’à la fin des projections, en 2070, selon les scénarios les plus pessimistes (croissance de 1,3% et de 1%). Dans le pire des cas, ce déficit se stabiliserait à 1% du PIB au milieu des années 2030.

Les écarts de projections d’une année sur l’autre, pour ce qui concerne les ressources du système, sont relativement faibles, peut-on lire dans le rapport.

Elles s’expliquent par la fermeture de régime de retraite de la SNCF, annoncée par la réforme du secteur ferroviaire, et une augmentation moins élevée que prévue du PIB en valeur.

L’accord conclu en mai par les partenaires sociaux pour les retraites complémentaires du privé Agirc-Arcco accroît pour sa part les dépenses prévues, dans le meilleur des scénarios de croissance.

Pour les partenaires sociaux, ces chiffres ne témoignent pas d’une dégradation de la santé financière du système.

La part des dépenses de retraite dans le PIB diminuerait à horizon de 2070, passant de 13,8% en 2018 à 11,8%, selon le meilleur des scénarios, ou bien resterait stable en cas de croissance à 1%.

“Cela montre bien qu’à législation constante, nous n’avons pas à fournir d’effort supplémentaire pour payer nos pensions de retraite”, explique à Reuters Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT. “Le système est parfaitement maîtrisé”.

Ces résultats prennent en compte l’ensemble des réformes passées, comme celle de la réforme Touraine, du nom de la ministre de la Santé de François Hollande, qui prolonge la durée de cotisation dès 2020 pour obtenir une retraite à taux plein.

Ils ne se basent pas, en revanche, sur la réforme systémique portée par le Haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, qui met en place un régime unifié par points qui devrait entrer en vigueur autour de 2025.

Selon ces projections, la pension moyenne des retraités devrait continuer à croître mais dans une plus faible proportion que les revenus des salariés. La pension relative au revenu net passerait ainsi en moyenne de 66% à 42% ou 49% en 2070.

Le niveau de vie des retraités par rapport à l’ensemble de la population, qui est pour l’instant de 6% supérieur, devrait être de 9% à 5% inférieur en 2040 puis de 22% à 14% inférieur à celui de la population en 2070.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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