June 11, 2019 / 11:35 AM / 2 months ago

Chez Les Républicains, le remue-ménage continue

PARIS (Reuters) - Toujours sonnés par le désastre des élections européennes, les Républicains ont enregistré une nouvelle défection mardi, celle de leur chef de file à Paris, au moment même où le parti se cherche dans les décombres un nouveau patron suffisamment consensuel pour ne pas réveiller les vieux traumatismes.

Toujours sonnés par le désastre des élections européennes, les Républicains ont enregistré une nouvelle défection mardi, celle de leur chef de file à Paris, au moment même où le parti se cherche dans les décombres un nouveau patron suffisamment consensuel pour ne pas réveiller les vieux traumatismes. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Florence Berthout, jusqu’ici présidente du groupe LR au conseil municipal, a claqué la porte à son tour, après Valérie Pécresse notamment, en dénonçant dans Le Figaro le “rétrécissement idéologique” de sa formation d’origine.

Mais, contrairement à Valérie Pécresse, décidée à “refonder” la droite en contournant LR, l’opposante à Anne Hidalgo a annoncé son soutien à la majorité présidentielle.

“Je note qu’autour d’Emmanuel Macron et de son projet de gouvernement, il existe aujourd’hui une capacité à rassembler des électeurs que le gaullisme savait réunir”, a justifié Florence Berthout, qui a par la même occasion cédé la place à la tête de son groupe au conseil de Paris.

C’est, à l’échelle locale, une énième réplique du séisme qui a fait vaciller Les Républicains le 26 mai, jour des européennes.

Les 8,48% récoltés par la liste du conservateur François-Xavier Bellamy ont provoqué la démission de Laurent Wauquiez de la présidence de LR et un début d’hémorragie d’élus tirant les conclusions du basculement d’une partie de leur audience traditionnelle vers La République en marche (LaRem).

Le départ de Laurent Wauquiez, sous la pression des cadres, a ouvert une période de vacance, qui s’étalera jusqu’à l’élection d’un nouveau président en octobre, et ravivé le souvenir des sempiternelles guerres de chefs à droite.

“Si cette élection est faite pour continuer à diviser ce qu’il nous reste, c’est-à-dire très peu de choses, (...) ce sera une catastrophe absolue et ce sera la fin et la disparition des Républicains”, a mis en garde Eric Woerth sur CNEWS.

CANDIDATURE CONSENSUELLE

Soucieux d’éviter un tel scénario, les grands élus tentent de faire émerger une candidature consensuelle, par exemple celle du chiraquien historique Christian Jacob, qui a pour lui son expérience de président du groupe LR à l’Assemblée et l’avantage de ne pas nourrir - apparemment - d’ambitions présidentielles.

Les candidats à la succession de Laurent Wauquiez devront en effet s’engager “moralement” à ne pas briguer l’Elysée dans trois ans, comme en ont décidé mardi les hauts dirigeants réunis en bureau politique.

“L’élection présidentielle du parti est dissociée de l’élection présidentielle de la nation et nous souhaitons que les candidats prennent un engagement dans ce sens”, a déclaré le président intérimaire, Jean Leonetti, à l’issue de ce bureau.

“Je chemine depuis quelques jours, je consulte beaucoup de monde”, a confirmé Christian Jacob lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, sans faire encore officiellement acte de candidature. “Je veux prendre encore un peu de temps, c’est une décision très lourde.”

“Si Christian Jacob est candidat, il est parti en avance, il veut y aller, il a le soutien semble-t-il de plein de monde, très bien, allons-y”, a dit Eric Woerth, tout en se plaçant en recours au cas où le prétendant désigné finirait par renoncer.

L’hypothèse Jacob ne dissuade cependant pas toutes les velléités.

Le député Guillaume Peltier, vice-président de LR, a fait savoir sur France 2 qu’il excluait de moins en moins, “plus les jours passent”, d’être lui-même candidat, le chef de file des députés LR n’incarnant pas, selon lui, le “renouvellement”.

Outre la question du chef, se pose celle, plus profonde et peut-être plus délicate encore à trancher, de la ligne politique, l’option droitière de Laurent Wauquiez ayant spectaculairement échoué le 26 mai.

A cette fin, le bureau politique a décidé d’organiser à la fin juin ou au début juillet une convention sur le thème des “valeurs” et des “fondamentaux” de la droite.

Le premier tour de l’élection se déroulera du samedi 12 octobre 20h00 au dimanche 13 octobre 20h00, en vertu d’une décision de la Haute Autorité entérinée mardi par le bureau politique. Si un second tour était nécessaire, le vote aurait lieu du samedi 19 octobre 20h00 au dimanche 20 octobre 20h00.

Les prétendants, soutenus par au moins 5% des parlementaires LR et au moins 1% des adhérents à jour de cotisation, devront faire acte de candidature entre le 15 juillet et le 13 août.

Edité par Sophie Louet

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