June 9, 2019 / 3:45 PM / 4 months ago

Pécresse et Morano s'écharpent au sein d'une droite décomposée

PARIS (Reuters) - Valérie Pécresse et Nadine Morano, deux figures de la droite française, se sont invectivées dimanche par médias interposés, illustration des divergences au sein du camp conservateur français deux semaines après sa déroute aux élections européennes.

Valérie Pécresse et Nadine Morano (photo), deux figures de la droite française, se sont invectivées dimanche par médias interposés, illustration des divergences au sein du camp conservateur français deux semaines après sa déroute aux élections européennes. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

La députée européenne Nadine Morano, réélue au Parlement de Strasbourg le 26 mai sur la liste Les Républicains (LR), a critiqué la décision de la présidente de la région Ile-de-France, annoncée mercredi “en femme libre”, de quitter le parti héritier de la tendance gaulliste.

Valérie Pécresse reste à la tête du mouvement Libres! qu’elle a fondé en 2017 au sein de LR.

“La question de la fidélité de Mme Pécresse me pose sujet (...)”, a déclaré Nadine Morano, qui était l’invitée du Grand Rendez-Vous Europe 1, CNews, les Echos.

“Je vis dans cette même famille politique qu’elle. (...) Elle sait très bien que j’ai voté contre la création de son annexe qui s’appelle Libres! Elle n’arrête pas de dire ‘en femme libre’ comme si nous, on était tous des aliénés (...)”.

“Valérie Pécresse ne supporte pas le débat et surtout pas d’être minoritaire. Elle a créé Libres! parce qu’elle veut une cour. Elle ne veut pas le débat. Elle veut une cour”, a insisté Nadine Morano, qui, comme Valérie Pécresse, a été ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

La députée européenne a accusé la présidence de la Région Ile-de-France de ne pas avoir “le courage” de se présenter à la présidence de LR, après la démission de Laurent Wauquiez dans la foulée l’échec de LR aux européennes et d’être “dans une posture de destruction”.

“T’ES UN TERRIEN”

Valérie Pécresse a brièvement rétorqué à la charge.

“Je crois que tous ceux qui ont écouté Nadine Morano ce matin ont peut-être un peu mieux compris pourquoi j’ai quitté Les Républicains”, a-t-elle répondu lors de l’émission le Grand Jury RTL, LCI, Le Figaro.

Autre illustration des dissensions qui secouent le camp conservateur : 72 maires et élus locaux de droite et du centre ont publié une tribune dans le journal du dimanche pour dire qu’ils souhaitaient la “réussite” du président Emmanuel Macron et du gouvernement.

Nadine Morano a qualifié cette prise de position de “désertion”, tout en estimant qu’elle était “faible au regard des effectifs, du nombre des élus locaux dont la droite dispose.”

“C’est un signal politique à un moment où nous sommes dans une situation un peu compliquée, c’est vrai”, a-t-elle toutefois concédé. “Mais c’est là aussi que se révèlent les personnalités. Je ne suis pas du genre à déserter ma famille politique parce que nous traversons des difficultés”, a-t-elle dit.

Les deux femmes revendiquent toutes les deux leur appartenance à la droite et leur opposition à Emmanuel Macron, Valérie Pécresse se décrivant comme incarnant le courant de la “droite moderne”, qui serait le troisième pilier du camp conservateur avec le parti LR et les partis de centre droit.

La présidente de Libres! n’a toutefois pas voulu dire qui selon elle pourrait incarner l’avenir de la droite.

Pour Nadine Morano, Christian Jacob, le président du groupe des députés LR à l’Assemblée nationale, est le mieux placé.

“Si c’est moi, y aura toujours certains qui vont encore pousser des hauts cris. (...) Je me suis dit: qui pourrait faire cette synthèse, incarnant une solidité, incarnant un rassemblement et qui serait quasi-inattaquable (...). J’ai pensé à Christian Jacob à qui j’ai envoyé un message”, a-t-elle dit.

“T’es solide, t’est un terrien, t’es reconnu par tous, t’es pas candidat à la présidentielle”, a-t-elle précisé lui avoir dit. “Et si on pouvait tous ensemble rénover notre famille politique avec ton expérience, avec les plus jeunes (...), je pense que nous allons remettre sur les rails notre famille politique.”

Danielle Rouquié, édité par Tangi Salaün

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