June 7, 2019 / 11:36 AM / 6 months ago

Des "macronistes" appellent à renouer avec l'électorat de gauche

PARIS (Reuters) - Les élections européennes ont montré un glissement vers Emmanuel Macron des voix des électeurs de la droite traditionnelle, conduisant l’aile gauche de la majorité à s’inquiéter pour la défense des thèses sociales-démocrates en son sein.

Les élections européennes ont montré un glissement vers Emmanuel Macron des voix des électeurs de la droite traditionnelle, conduisant l'aile gauche de la majorité à s'inquiéter pour la défense des thèses sociales-démocrates en son sein. /Photo prise le 28 mai 2019/REUTERS/Piroschka van de Wouw

A quelques jours du discours de politique générale du Premier ministre, Edouard Philippe, mercredi, les différentes sensibilités de la majorité font valoir leurs arguments pour tenter d’orienter la suite du quinquennat.

La République en marche doit “renouer rapidement avec un électorat de gauche, qui nous a fait confiance lors des présidentielles, et qui attend davantage de nous en matière de protection et de solidarités”, déclarait jeudi au Talk-Le Figaro la députée Laurianne Rossi, résumant l’inquiétude de son camp.

Le 26 mai, selon l’institut de sondages Ipsos, Emmanuel Macron a en effet perdu une bonne partie de son électorat de 2017 au profit de la gauche : 14% ont voté Europe Ecologie-Les Verts et 11% ont choisi le duo Parti socialiste-Place publique. A l’inverse, 30% des électeurs de François Fillon à la présidentielle se sont reportés sur la liste LaRem.

“Un électorat historiquement plutôt socialiste, qui avait voté pour Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, s’est reporté sur Europe Ecologie-Les Verts”, a confirmé à Reuters Jean-Daniel Lévy, de l’institut Harris Interactive.

“Et ceux qui ont voté pour la majorité ne sont pas forcément devenus des supporteurs d’Emmanuel Macron. D’une manière générale, il est toujours vu comme un président des riches et un homme arrogant. Cela n’aide pas à se rapprocher des catégories populaires”, a-t-il aussi noté.

PHILIPPE DÉJEUNE AVEC DES MAIRES DE DROITE ET DE GAUCHE

Le danger d’un éloignement du peuple est pointé par le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, pourtant issu de la droite. Dans un entretien au Point, l’ancien maire de la ville ouvrière de Tourcoing (Nord), exclu des Républicains pour avoir rallié Emmanuel Macron en 2017, invite LaRem à ne pas devenir le parti des “bourgeois” et des “élites” sans “l’adhésion des classes populaires”.

L’effondrement de LR aux européennes conduit l’aile droite de la macronie, emmenée par Edouard Philippe et des ministres comme Bruno Le Maire, à aller puiser dans leur famille d’origine les soutiens nécessaires en vues des prochaines échéances, à commencer par les municipales de 2020.

Selon Le Parisien de vendredi, une quarantaine de maires de la droite et du centre, dont ceux d’Orléans, Tours et Villejuif, s’apprêtent à signer une tribune en faveur du président.

Le député Aurélien Taché, membre de l’aile gauche de LaRem, met toutefois en garde contre tout ralliement opportuniste.

“Pas question pour eux de faire la stratégie du coucou et de venir pondre leurs oeufs dans le nid de La République en marche”, a-t-il prévenu jeudi sur France 2. “S’ils viennent, ce sera bien à nos conditions, sur nos valeurs, dans leurs conseils municipaux ils devront accepter nos élus et s’engager à soutenir Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2022”.

Edouard Philippe, chef de la majorité, recevra pour sa part la semaine prochaine des maires de gauche, après avoir déjeuné mercredi avec des maires LR, proches de LR ou centristes, selon son entourage. Des contacts destinés à les rallier à la majorité ou, tout du moins, à les détacher de leur parti d’origine.

VERS UN PÔLE SOCIAL-DÉMOCRATE AUTOUR DE LE DRIAN

A l’intérieur du gouvernement, les tenants d’une ligne sociale-démocrate représentés par Jean-Yves Le Drian (Affaires étrangères), Didier Guillaume (Agriculture), Agnès Buzyn (Santé), Muriel Pénicaud (Travail) ou Frédérique Vidal (Enseignement supérieur), veillent.

“On colle à ce gouvernement et au mouvement La République en marche une image à droite, en faveur des grandes entreprises (mais) nous sommes (aussi) extrêmement attentifs aux personnes les plus en difficultés”, a dit Agnès Buzyn mardi sur France Inter.

Figure populaire du gouvernement, l’ancien président de la région Bretagne Jean-Yves Le Drian est à l’initiative pour constituer un pôle reflétant sa sensibilité d’”homme de gauche”, comme il le répète régulièrement.

“L’idée est de réfléchir à la constitution d’un pôle ou d’un mouvement politique qui corresponde à l’électorat de gauche qui a voté en 2017 pour Emmanuel Macron, dont le programme avait alors un véritable ancrage social-démocrate et écologiste, afin de faire en sorte de rester sur ces fondamentaux”, dit une personnalité contactée pour en faire partie.

Parmi les figures pressenties pour faire partie de l’aventure aux contours encore flous figurent l’ancienne secrétaire d’Etat socialiste Juliette Meadel, le député LaRem du Rhône Yves Blein et les anciens députés Christophe Caresche, Gilles Savary et François Loncle.

Elizabeth Pineau avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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