June 5, 2019 / 3:21 PM / 5 months ago

LR tente de contrer l'offensive de LaRem pour les municipales

PARIS (Reuters) - Affaiblis par leur déroute lors du scrutin européen et le départ de leur président, Les Républicains doivent désormais résister à l’opération séduction de La République en marche (LaRem) pour siphonner leurs troupes en vue des municipales de 2020.

Affaiblis par leur déroute lors du scrutin européen et le départ de leur président, Les Républicains doivent désormais résister à l'opération séduction de La République en marche (LaRem) pour siphonner leurs troupes en vue des municipales de 2020. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Depuis le séisme du score historiquement bas du camp de Laurent Wauquiez (8,48%) le 26 mai, la majorité invite les édiles LR à rejoindre Emmanuel Macron. Bon nombre de voix de droite se sont en effet déportées vers le camp présidentiel, qui peut espérer s’appuyer sur cette base pour affirmer l’an prochain son ancrage local, 36 mois après sa razzia à l’Elysée et à l’Assemblée.

“Préférez votre pays à votre parti”, est le slogan martelé par les responsables de LaRem favorables à cette opération.

Ce glissement est vu d’un bon oeil par les membres du gouvernement issus de la droite comme le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, pour qui les européennes ont confirmé “la disparition des grands partis de gouvernement, en particulier les Républicains”.

Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, et celui des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, sont eux aussi à la manoeuvre pour amener des élus de droite dans le giron macroniste.

Un comportement que le président du groupe LR à l’Assemblée Christian Jacob, met sur le compte de “l’arrogance de la traîtrise”. “Il faut toujours donner une caution à sa trahison. ‘Voyez chef, je fais mieux qu’eux’”, ironisait-il mercredi sur France Inter.

“Relativisons tout ça”, a-t-il ajouté comme pour se rassurer. “D’abord on a un maillage territorial important. Des maires qui ont réussi, l’immense majorité, dans leur ville. La tradition, dans notre famille politique, c’est que les maires ont la latitude pour constituer une liste.”

“RESPECT DES 55.000 ELUS LOCAUX”

Au même moment sur LCI, le président du Sénat, Gérard Larcher, mettait en garde contre “un manque de respect vis-à-vis des 55.000 élus locaux” qui constituent à ses yeux le terreau de la renaissance de sa famille politique.

Mardi soir, au sortir d’une longue réunion des ténors de son camp à Paris, le patron de la chambre haute a annoncé le lancement d’un débat de terrain qui débouchera à l’automne sur une convention nationale de la droite et du centre.

L’idée de s’appuyer sur les territoires est approuvée par une autre figure respectée de la droite, le député Eric Woerth.

“Nous avons beaucoup d’élus et les élections municipales ne ressembleront pas aux élections européennes. Ceux qui le croient se trompent lourdement. Il faut qu’on réinvestisse ce terrain à côté de nos élus”, a dit sur Europe 1 l’ancien ministre, fustigeant une “majorité qui essaie de profiter de son avantage de manière assez violente.”

Convié à la réunion présidée Gérard Larcher, le centriste Hervé Morin plaide pour la recherche d’une “troisième voie” entre La République en marche et le Rassemblement national, deux pôles d’attraction confortés par leurs scores respectifs aux européennes (22,42% et 23,34%).

“Face à un gouvernement centralisateur qui a oublié que la modernité c’était des pouvoirs locaux, de la proximité, des citoyens, ce qu’ont demandé les ‘Gilets jaunes’, nous devons être le parti ou l’alternative décentralisatrice d’une réforme en profondeur des systèmes de gouvernance publics”, a jugé sur franceinfo le président de la région Normandie.

AU CAS PAR CAS

De son côté, LaRem tente d’organiser le big bang en posant ses conditions. Son délégué général, Stanislas Guerini, qui vient d’installer une Commission nationale d’investiture pour les villes de plus de 9.000 habitants, rejette l’idée de “travailler” avec des maires ayant soutenu LR aux européennes.

Il compte, par exemple, présenter une liste LaRem à Reims (Marne) dont l’actuel maire LR Arnaud Robinet, un temps présenté comme “Macron compatible”, envisage désormais de se présenter hors parti aux municipales. “Si je suis candidat, je ne serai pas forcément candidat avec une étiquette parce que j’aurai un bilan, j’aurai un projet”, a-t-il dit lundi sur France Inter.

Sensible lui aussi aux sirènes d’Emmanuel Macron, le maire de Nice, Christian Estrosi, envisage de revenir dans le giron de LR à certaines conditions, au nombre desquelles figurent la possibilité de soutenir les réformes de l’actuel exécutif et le rejet de l’extrême droite.

La déconfiture de LR le 26 mai a conduit plusieurs maires à quitter le parti sans attendre, tel celui de Quimper (Finistère), Luc Jolivet, qui a rejoint Agir.

A un an de l’échéance, le cas par cas est donc de mise. Benjamin Griveaux, candidat à l’investiture de LaRem pour la course à la mairie de Paris, a ainsi repoussé la proposition de rapprochement émanant du député LR Claude Goasguen pour battre la socialiste Anne Hidalgo.

A Reuters, l’ancien porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, en campagne active comme d’autres prétendants de son camp que sont Mounir Mahjoubi et Cédric Villani, se dit “contre des accords de boutiquiers” mais ouvert à des alliances “de projets avec des gens venant de la gauche, de la droite et de l’écologie.” 

Elizabeth Pineau avec Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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