June 4, 2019 / 9:27 PM / in a month

Veillée à la mémoire des victimes du Printemps de Pékin à Hong Kong

HONG KONG (Reuters) - Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies mardi soir dans Hong Kong, des bougies à la main, pour marquer le 30e anniversaire de la répression du mouvement démocrate sur la place Tiananmen le 4 juin 1989 à Pékin.

Des dizaines de milliers de personnes se sont réunies mardi soir dans Hong Kong, des bougies à la main, pour marquer le 30e anniversaire de la répression du mouvement démocrate sur la place Tiananmen le 4 juin 1989 à Pékin. /Photo prise le 4 juin 2019/REUTERS/Tyrone Siu

Le rassemblement s’est tenu dans le parc Victoria, où avait été installée une réplique de la Déesse de la démocratie, la statue érigée par les étudiants dans la capitale chinoise lors des manifestations du printemps 1989.

Un hommage a également été rendu au dissident Liu Xiaobo, lauréat du prix Nobel de la paix mort en détention en 2017.

Les organisateurs ont annoncé la présence de 180.000 personnes pour ce trentième anniversaire. La police a parlé de 37.000 manifestants.

En vertu du principe “un pays, deux système” ayant régi la restitution de l’ancienne colonie britannique à la Chine, en 1997, Hong Kong est pratiquement le seul territoire chinois à commémorer, année après année, le massacre de la place Tiananmen. Un rassemblement bien plus modeste s’est également tenu à Macao.

En Chine continentale, l’intervention de l’armée, le 4 juin 1989, contre les milliers d’étudiants qui réclamaient entre autres la liberté d’expression et le droit de manifester reste un sujet tabou.

Sous la pression des autorités chinoises, le fournisseur d’informations financières Refinitiv a retiré de ses terminaux Eikon des dépêches de l’agence Reuters consacrées au 30e anniversaire.

A Pékin, les mesures de sécurité avaient été renforcées ce mardi sur la place Tiananmen.

Les autorités chinoises n’ont jamais publié de bilan de l’intervention de l’armée contre les manifestants, mais certaines ONG parlent de plusieurs milliers de morts. La semaine dernière, le ministère chinois de la Défense a condamné l’emploi du terme “répression”.

“Il est très important que le peuple de Hong Kong continue de se souvenir de la tragédie du 4 juin et en préserve de fait la mémoire”, a commenté Richard Tsoi, vice-président de l’Alliance de Hong Kong en soutien aux mouvements démocratiques patriotes de Chine.

“Ne laissons pas les autorités chinoises tenter d’effacer la mémoire d’une nation entière”, a-t-il ajouté.

A Taiwan, que Pékin considère comme une province chinoise, quelques centaines de personnes se sont réunies sur la place de la Liberté, dans la capitale, Taipei. Un ancien officier de l’Armée populaire de libération ayant participé à l’intervention de juin 1989 a témoigné de sa honte.

“Si je prends la parole aujourd’hui, c’est parce que je ne veux pas que les gens oublient les événements du 4 juin”, a poursuivi, en larmes, Li Xiaoming, aujourd’hui citoyen australien.

James Pomfret avec Yimou Lee à Taipeh; Henri-Pierre André pour le service français

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