June 4, 2019 / 5:47 PM / 4 months ago

La Cour de cassation approche François Compaoré de l'extradition

PARIS (Reuters) - La Cour de cassation a rejeté mardi les pourvois de François Compaoré, frère de l’ancien président burkinabé déchu Blaise Compaoré, contre son extradition à laquelle la Cour d’appel de Paris avait donné en décembre dernier un avis favorable.

La Cour de cassation a rejeté mardi les pourvois de François Compaoré, frère de l'ancien président burkinabé déchu Blaise Compaoré, contre son extradition à laquelle la Cour d'appel de Paris avait donné en décembre dernier un avis favorable. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

François Compaoré est mis en cause par la justice de son pays pour l’assassinat d’un journaliste.

Arrêté le 29 octobre 2017 à l’aéroport parisien de Roissy Charles-de-Gaulle en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par le Burkina Faso, il avait été laissé libre mais avec interdiction de quitter le territoire français.

Ouagadougou l’accuse d’avoir été l’instigateur de l’assassinat en décembre 1998 du journaliste Norbert Zongo, très critique à l’encontre du pouvoir de l’époque dans son pays.

Trois autres personnes avaient été tuées en même temps que ce journaliste.

“Pour moi, on lui fait un procès politique sans lui donner les garanties d’une procédure équitable au Burkina Faso”, a dit à Reuters un de ses avocats, Me Pierre-Olivier Sur.

“Il s’agit maintenant de voir si l’Elysée prend le décret d’extradition dans le contexte que nous savons - le terrorisme, un appel de beaucoup à la paix des braves et à l’union sacrée contre le terrorisme”, a-t-il ajouté.

Il a précisé qu’il prenait rendez-vous avec un conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron et déposerait un recours auprès du Conseil d’Etat si le chef de l’Etat décidait de suivre l’avis de la Cour d’appel et de la cour de Cassation.

“La bataille n’est pas terminée loin de là. On est au milieu du gué”, a-t-il ajouté.

Lors de son voyage officiel au Burkina Faso, en novembre 2017, Emmanuel Macron avait déclaré qu’il ferait “tout pour faciliter” l’extradition de François Compaoré.

“C’est aux deux justices (française et burkinabé) de coopérer”, a commenté une source sollicitée par Reuters à l’Elysée. “Le président s’était engagé à Ouagadougou à ce que sur ce dossier comme sur celui des archives de Sankara, les deux justices coopèrent”.

Blaise Compaoré, renversé en octobre 2014 après 27 ans de règne, est pour sa part réfugié en Côte d’Ivoire.

Ce pays refuse son extradition, alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Thomas Sankara, lors du coup d’Etat qui l’a porté au pouvoir, en 1987.

Emmanuel Jarry avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse et Elizabeth Pineau

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