June 4, 2019 / 12:27 PM / 4 months ago

Sécurité renforcée pour l'anniversaire de l'écrasement du Printemps de Pékin

PEKIN (Reuters) - Les mesures de sécurité ont été renforcées mardi place Tiananmen, à l’occasion du 30e anniversaire de la répression du Printemps de Pékin, mais la plupart des touristes interrogés sur les lieux ont dit tout ignorer de ces événements ou ont refusé d’en parler.

Les mesures de sécurité ont été renforcées mardi place Tiananmen, à l'occasion du 30e anniversaire de la répression du Printemps de Pékin, mais la plupart des touristes interrogés sur les lieux ont dit tout ignorer de ces événements ou ont refusé d'en parler. /Photo prise le 4 juin 2019/REUTERS/Thomas Peter

L’intervention de l’armée, le 4 juin 1989, contre les milliers d’étudiants rassemblés sur la place pour réclamer entre autre la liberté d’expression et le droit de manifester reste un sujet tabou en Chine. Aucun bilan n’a jamais été communiqué, mais certaines ONG parlent de plusieurs milliers de morts. La semaine dernière, le ministère de la Défense a condamné l’emploi du terme “répression”.

“Je rentrais chez moi après le travail. L’avenue Changan était parsemée de véhicules incendiés. L’Armée de libération du peuple a tué beaucoup de gens. C’était un bain de sang”, raconte Li, un homme de 67 ans interrogé mardi aux abords de la place.

Prié de dire si Pékin doit fournir un bilan des événements du 4 juin 1989, il répond : “A quoi bon ? Ces étudiants sont morts pour rien.”

Pour les leaders du mouvement qui ont trouvé refuge à l’étranger, les aspirations des militants démocrates de 1989 sont plus que jamais étouffées par les autorités chinoises.

A la veille de l’anniversaire, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a réclamé la libération de tous les militants des droits de l’homme détenus en Chine et a rendu hommage “aux héros du peuple chinois qui se sont bravement levés il y a 30 ans place Tiananmen pour réclamer le respect de leurs droits”, ce qui lui valu une vive réaction.

“Quiconque tentera de manipuler et d’intimider le peuple chinois (...) ou de prôner un ‘choc des civilisations’ pour renverser une tendance inéluctable est voué à l’échec”, écrit l’ambassade de Chine à Washington dans communiqué, tout en dénonçant les “préjugés et l’ignorance” du chef de la diplomatie américaine.

“JAMAIS ENTENDU PARLER DE ÇA”

Place Tiananmen, où plusieurs centaines de policiers en uniformes et en civil étaient présents, les visiteurs se pressaient par milliers aux points de contrôle. “Jamais entendu parler de ça. Je ne suis pas au courant”, a répondu un touriste chinois d’une trentaine d’années, interrogé au sujet de l’anniversaire de l’écrasement du Printemps de Pékin.

“C’est aujourd’hui ? J’avais oublié”, a par ailleurs prétendu une femme, avant de s’esquiver.

Selon Amnesty International, des dizaines de dissidents ont été arrêtés ou placés en résidence surveillée, ces dernières semaines, et les références à la répression du Printemps de Pékin ont été censurées sur les réseaux sociaux.

Sous la pression des autorités chinoises, le fournisseur d’informations financières Refinitiv a retiré de ses terminaux Eikon des dépêches de l’agence Reuters consacrées au 30e anniversaire.

A Genève, le Bureau des droits de l’homme des Nations unies s’est dit préoccupé par des informations faisant état d’arrestations ou d’actes d’intimidation envers les opposants ainsi que d’une “censure accrue”.

Ravinba Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), a appelé les autorités chinoises à renforcer la liberté de rassemblement et d’expression.

Aucune commémoration n’est tolérée en Chine continentale, mais une cérémonie est prévue mardi à Hong Kong et d’autres doivent avoir lieu à Taiwan.

“Non seulement le gouvernement chinois n’a pas l’intention de se repentir, mais il continue à dissimuler la vérité”, écrit la présidente taiwanaise Tsai Ing-wen, sur Facebook.

A Londres, le chef de la diplomatie britannique déplore quant à lui que les Chinois ne puissent “toujours pas exercer leur droit à manifester pacifiquement”.

“Nous continuons à exhorter le gouvernement chinois à respecter la liberté d’association, de réunion, d’expression et l’ensemble des libertés fondamentales garanties par la constitution chinoise et le droit international”, ajoute Jeremy Hunt dans un communiqué.

Avec Yimou Lee à Taipeh et David Milliken à Londres Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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