June 4, 2019 / 4:51 AM / 3 months ago

L'attractivité de la France a tenu le choc en 2018

PARIS (Reuters) - La France a tiré son épingle du jeu en matière d’investissements étrangers l’an dernier, à l’inverse du marasme constaté dans le reste de l’Europe, selon le baromètre annuel EY de l’attractivité publié mardi.

La France a tiré son épingle du jeu en matière d'investissements étrangers l'an dernier, à l'inverse du marasme constaté dans le reste de l'Europe, selon le baromètre annuel EY de l'attractivité publié mardi. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

Malgré un climat social marqué par des grèves à la SNCF et Air France au printemps, puis en fin d’année par la grogne des “Gilets jaunes”, 1.027 projets d’implantation - généralement décidés plusieurs mois auparavant - ont été recensés en France en 2018, soit 1% de plus que les 1.019 projets enregistrés en 2017.

Ce net ralentissement, après deux années marquées par une progression des investissements étrangers d’environ 30%, n’a pas empêché la France de surperformer pour la troisième année consécutive le marché européen.

“Si l’an dernier la progression de la France était impressionnante, c’est plutôt sa résilience qui peut surprendre cette année”, observe Marc Lhermitte, associé EY.

Pénalisée par les incertitudes autour du Brexit et de la croissance, ainsi que par le regain d’attractivité des Etats-Unis en lien avec les réformes fiscales, l’Europe a enregistré l’an dernier un recul historique de 4% des implantations internationales, pour un total de 6.356 projets.

La France a de son côté gagné une place sur le podium. Elle talonne le Royaume-Uni, toujours leader avec 1.054 projets (-13%) et devance l’Allemagne (973 projets, -13%).

L’EMBELLIE POST-PRÉSIDENTIELLE S’ESTOMPE

Paris reste pour la deuxième année consécutive la capitale européenne jugée la plus attractive par un panel de 506 dirigeants internationaux. Même si le climat social a entraîné une érosion de leur opinion (à 30% contre 37% l’an dernier), elle devance toujours Londres (25%) et Berlin (24%).

Au total, le niveau de satisfaction des investisseurs internationaux sur la France reste élevé (80%, en baisse d’un point) mais ils ne sont désormais plus que 30% à s’attendre à une poursuite de la progression de l’attractivité de la France au cours des trois prochaines années.

Leur optimisme à trois ans revient ainsi à des niveaux plus habituels après avoir bondi à 55% l’an dernier dans le sillage de l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir.

Quant aux perspectives d’implantations ou d’extensions, elles s’inscrivent en baisse, à 19% contre 24% dans la précédente enquête.

Là encore, la France semble relativement épargnée: les perspectives d’investissement accusent un recul plus marqué à l’échelle européenne, passant de 35% dans l’édition 2018 du baromètre à 27% en 2019.

Par secteur, la France a accueilli l’an dernier 339 projets industriels, soit 5% de plus qu’en 2017.

PREMIÈRE DESTINATION POUR LA R&D

Elle s’est aussi distinguée par le bond des créations ou extensions de centres de recherche et développement. Avec 144 projets, soit 85% de plus qu’en 2017, elle est devenue la destination la plus attractive pour les investissements innovants, devant le Royaume-Uni (74 projets, -17%) et l’Allemagne (64 projets, -21%).

Elle a en revanche enregistré un recul de 24% des projets dans les activités tertiaires et commerciales (329) et de 20% des implantations de sièges sociaux (45).

Pour Marc Lhermitte, la capacité de la France “à attirer les investissements innovants et l’industrie démontre qu’elle possède des atouts qui lui permettent d’être compétitive.”

“Elle doit désormais faire revenir des sièges sociaux et convaincre les investisseurs étrangers dans le digital”, note-t-il.

Si la communauté internationale des affaires a été sensible aux réformes entreprises depuis le début du quinquennat, près de la moitié des investisseurs estiment qu’il faut intensifier la simplification administrative pour les entreprises en France (47%, +6 points) et améliorer la compétitivité fiscale (44%, +1 point). Ils sont également 37% (-1 point) à estimer qu’il faut continuer de réduire le coût du travail.

L’enquête sur laquelle se fonde ce baromètre annuel a été réalisée auprès de 506 dirigeants internationaux en Europe, dont 210 ont déjà des implantations en France.

Les projets ont été recensés dans 48 pays européens, dont la Russie et la Turquie.

Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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