June 2, 2019 / 6:59 PM / 6 months ago

Laurent Wauquiez quitte la présidence des Républicains

PARIS (Reuters) - Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a annoncé, dimanche qu’il quittait ses fonctions au sein du parti, en pleine crise après sa déconfiture aux élections européennes de dimanche dernier.

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a annoncé, dimanche qu'il quittait ses fonctions au sein du parti. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

“Les victoires sont collectives, les défaites sont solitaires, c’est comme ça. Il faut que je prenne mes responsabilités”, a déclaré Laurent Wauquiez sur TF1.

“Ma décision ce soir, c’est une décision qui est mûrement réfléchie. J’ai décidé de prendre du recul. Je me retire de mes fonctions de président des Républicains.”

La liste conduite par le jeune philosophe conservateur François-Xavier Bellamy n’a obtenu que 8,48% des suffrages exprimés, score historiquement bas pour ce parti qui a souvent été au pouvoir jusqu’en 2012.

Ce score ne lui permet d’occuper que huit sièges dans le prochain Parlement européen et le place en quatrième position, loin derrière le Rassemblement national (RN), le parti de la majorité présidentielle La République en marche (LaRem) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Laurent Wauquiez s’était pourtant efforcé lundi d’écarter l’hypothèse d’une démission en proposant une remise à plat par le biais d’”états généraux” de la droite.

“Pendant une semaine, j’ai tout fait pour essayer de rassembler les bonnes volontés. Mais je vois (...) le risque de retour des guerres des chefs, des désirs de revanche. Je ne veux pas être un obstacle, à aucun prix”, a-t-il expliqué.

IMAGE “TROP DURE”

“Je pense qu’il faut que la droite se reconstruise. Je ne veux pas que la démocratie devienne juste ce choix entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen”.

Il se dit “convaincu” que les Républicains, ex-UMP, ont encore un espace politique entre le parti de la majorité présidentielle et le Rassemblement national (RN) pour se “reconstruire”, “mais à une condition, pas une droite qui se renie, pas une droite qui cherche à dire à chacun ce qu’il a envie d’entendre”.

Il admet que l’image qu’il projette et sa stratégie, considérée par ses détracteurs comme trop à droite, réduite à la seule sensibilité sarko-filloniste, a joué un rôle dans sa défaite.

“Sans doute que parfois je suis trop dur. C’est comme ça en tout cas que les gens l’on perçu”, a-t-il dit. “Ce que je voudrais juste que (les gens) comprennent, c’est qu’au fond de moi, ce n’est pas de la dureté, c’est de la détermination.”

Il dit vouloir retrouver ses “racines” au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, ville dont il fut maire de 2008 à 2016, et se “battre pour ces habitants qui (lui) ont fait confiance”.

Les opposants de Laurent Wauquiez s’étaient montrés prudents au lendemain des élections, évitant d’appeler ouvertement à sa démission. Le président du Sénat, Gérard Larcher, avait proposé de prendre la tête d’une “démarche” permettant de rassembler la droite.

“Très touché du choix de Laurent Wauquiez, dans ce moment difficile. Assumer ainsi sa responsabilité de chef de parti est un geste d’honneur. La crise que traverse la droite est profonde, et elle ne sera résolue que par un immense effort collectif”, a écrit François-Xavier Bellamy sur Twitter.

ÉLECTORAT COURTISÉ

“C’est une décision que je trouve digne et responsable”, a renchéri le vice-président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, Brice Hortefeux sur LCI. “Ce qu’il dit, c’est qu’il ne veut pas être un obstacle”.

“D’autres avant lui, que ce soit Nicolas Sarkozy, François Hollande, Alain Juppé, ont pris ces décisions et ça n’a pas pour autant gâché leur avenir”, a-t-il ajouté.

L’extrême-droite et les centristes ont rapidement invité les partisans de droite à rejoindre leurs rangs, profitant de la fragilité du parti.

“Cette démission de Wauquiez était inévitable”, a réagi Marine Le Pen sur Twitter. “Nous tendons la main à tous les cadres et électeurs LR patriotes, attachés à la défense de notre identité, à la fin du matraquage fiscal et à la restauration de la grandeur française.”

La nièce de cette dernière, Marion Maréchal, avait appelé sur LCI, juste avant l’annonce de Laurent Wauquiez, à créer un “grand courant de droite”, une large “coalition avec le Rassemblement national en gardant ses spécificités”.

La majorité présidentielle n’est pas en reste. Le ministre chargé des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, avait appelé dans la matinée les maires de droite à quitter Les Républicains (LR).

“Nous appelons tous les élus de droite et du centre, qui veulent faire avancer leur pays (...) à nous rejoindre pour construire ensemble une droite pro-européenne”, écrit par communiqué le groupe “Agir”, fondé après l’exclusion du parti Les Républicains de certains députés, membres du groupe Les constructifs à l’Assemblée nationale.

La porte-parole des Républicains, Laurence Saillet, a assuré sur BFMTV qu’il n’y aurait jamais d’alliance avec le Rassemblement national. Brice Hortefeux a dit pour sa part aux élus républicains qu’il ne fallait pas se “laisser aveugler”. “Je dis aux élus: ‘restez dans votre famille, les élections municipales, c’est dans un an’.”

Caroline Pailliez, édité par Jean-Philippe Lelief

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