May 28, 2019 / 1:35 PM / 2 months ago

Mobilisation d'associations pour des djihadistes français condamnés à mort

PARIS (Reuters) - Des associations se mobilisent pour demander au gouvernement de cesser d’autoriser le transfert de djihadistes français de Syrie en Irak, où ils sont condamnés à mort, et de faire pression sur Bagdad pour commuer ces condamnations en prison à vie.

L’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) rappelle dans un communiqué sa “profonde opposition à la peine de mort”. Elle souhaite que les djihadistes soient jugés et condamnés “dans le respect de leurs droits fondamentaux.”

“Ainsi, nous demandons que ces peines soient - en prison à vie et que ces djihadistes puissent être entendus par les autorités judiciaires françaises”, ajoute-t-elle.

Ces trois derniers jours, les autorités irakiennes ont annoncé la condamnation à mort par pendaison de six Français, Kevin Gonot, Léonard Lopez, Salim Machou, Mustapha Merzoughi, Brahim Nejara et Karam El Harchaoui, pour leurs actions dans les rangs de l’organisation de l’Etat islamique (Daech).

Concernant ces six Français, “nous avons dit et redirons aux autorités notre position sur la peine de mort”, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Interrogé par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, il a dit avoir demandé au consul de France de vérifier la bonne tenue des audiences, la présence de l’avocat et d’un interprète.

“Nous sommes très respectueux des droits de la défense. Nous leur demandons sur les capacités de faire appel, nous refaisons valoir la position française systématiquement”, a-t-il souligné.

“SINISTRE SCÉNARIO”

Pour le directeur général de l’AFVT, Guillaume Denoix de Saint Marc, “exécuter Léonard Lopez, contre qui un mandat d’arrêt international a été délivré en juillet 2016, reviendrait à empêcher la justice française d’obtenir des réponses quant à sa participation au forum djihadiste Ansar Al Haqq”.

Selon l’AFVT, quatre autres Français doivent être jugés en Irak les 2 et 3 juin et 12 seraient en attente de jugement.

“Exécuter ces djihadistes ne permettra pas à nos sociétés et aux victimes du terrorisme de comprendre les raisons de leur départ et les ramifications de leur organisation”, souligne-t-elle. “De nombreuses zones d’ombre restent à éclaircir dans beaucoup de procédures d’attentats en France et contre des Français à l’étranger.”

L’association rappelle à l’intention des autorités françaises que la France a pris des engagements en matière de lutte contre la peine de mort dans le monde.

Elle invoque le 13e point de l’accord de partenariat et de coopération entre l’Union européenne et l’Irak, adopté par le Parlement européen le 4 juillet 2018. Il invite les Etats de l’Union “à faire de l’abolition de la peine de mort une priorité de ce dialogue” et les autorités irakiennes à “appliquer immédiatement un moratoire sur la peine de mort”.

Une autre association, le Collectif des familles unies, qui rassemble des parents d’hommes ou de femmes partis faire le djihad en Syrie ou en Irak, a également demandé au gouvernement français “d’empêcher ce sinistre scénario d’exécutions capitales” et de faire en sorte qu’ils soient jugés en France.

“Nous appelons le gouvernement français à bloquer toute velléité de nouveaux transferts de ressortissants français vers l’Irak”, lit-on dans son communiqué, qui rappelle que 12 d’entre eux ont été ainsi transférés en février de Syrie, où ils avaient été faits prisonniers.

“Leur transfert en Irak n’a pas pu se faire sans l’assentiment des autorités française. De ce fait les autorités françaises ont livré des ressortissants français à un pays pratiquant la peine de mort”, déplore ce collectif.

“Aucune vérité ne sort de ces procès, sans témoins, expédiés à la va-vite, où même les actes d’accusation ne sont pas rendus publics, où aucune preuve n’est produite, où aucun témoin ne comparaît, où les aveux peuvent avoir été extorqués sous la torture et où les droits de la défense sont inexistants.”

Emmanuel Jarry avec John Irish, édité par Yves Clarisse et Elizabeth Pineau

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