May 28, 2019 / 10:15 AM / 3 months ago

Larcher s'offre en recours de la droite face à Wauquiez

PARIS (Reuters) - Gérard Larcher, président du Sénat et figure consensuelle chez Les Républicains (LR), a accentué mardi la pression sur Laurent Wauquiez en proposant de prendre la tête d’une “démarche” permettant de rassembler la droite, en pleine crise existentielle depuis sa déconfiture aux élections européennes.

Gérard Larcher (photo), président du Sénat et figure consensuelle chez Les Républicains (LR), a accentué mardi la pression sur Laurent Wauquiez en proposant de prendre la tête d'une "démarche" permettant de rassembler la droite, en pleine crise existentielle depuis sa déconfiture aux élections européennes. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Cette initiative entre en concurrence avec la promesse du chef de parti, décidé à vendre chèrement sa peau, d’organiser des “états généraux” d’ici à la rentrée pour tirer le bilan des 8,48% récoltés dimanche par la liste François-Xavier Bellamy.

“Je propose que nous nous retrouvions pour analyser la situation et engager une démarche au travers des territoires pour reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre”, a déclaré Gérard Larcher sur franceinfo.

Le président du Sénat, peu suspect de nourrir des ambitions présidentielles, a ainsi répondu à un appel lancé par Valérie Pécresse et Bruno Retailleau, qui le voient comme le plus qualifié pour ouvrir le chantier de la reconstruction sans déclencher une nouvelle guerre fratricide.

Pour la présidente de la région Île-de-France, cet héritier du gaullisme social, “figure morale” de la droite, peut jouer les “traits d’union” entre ceux qui sont restés à LR et les autres, partis après la défaite à la dernière présidentielle ou dans la foulée de l’intronisation de Laurent Wauquiez, fin 2017.

“PIRE QUE TOUT”

“Je prendrai aussi mes initiatives (...) parce qu’on ne pourra pas rester que dans une logique partisane”, a encore dit Gérard Larcher, pour qui le tandem Wauquiez-Bellamy s’est condamné à l’échec en faisant campagne quasi exclusivement sur le thème des racines et des frontières.

A cette fin, il réunira la semaine prochaine les grands élus LR pour “faire un point”.

“Je ne peux pas me résoudre à ce que Les Républicains n’incarnent qu’un segment qui aujourd’hui pèse 8%”, a-t-il poursuivi, fustigeant une droite “recroquevillée”.

Il n’a cependant pas appelé à la démission de Laurent Wauquiez, protégé par les statuts d’un parti entièrement à sa main.

La formule de Gérard Larcher est loin de faire l’unanimité parmi les députés LR, qui ont tenu mardi leur réunion de groupe hebdomadaire à huis clos en présence de celui dont le sort occupe toutes les conversations à droite depuis dimanche.

“C’est pire que tout”, a jugé un représentant de la jeune garde, tout en jurant avoir “beaucoup de respect” pour Gérard Larcher et Bruno Retailleau, selon un participant. “C’est totalement passer à côté du message des Français.”

Le président du groupe LR, Christian Jacob, n’a pas masqué non plus son scepticisme devant l’offensive des sénateurs.

APPLAUDISSEMENTS CORDIAUX

Lors de cette réunion, qui s’est déroulée dans une atmosphère “grave” selon un autre participant, Laurent Wauquiez a échappé à une tentative de putsch contre lui, plusieurs députés présents rappelant, comme une mise en garde, le souvenir des guerres mortifères du passé.

Il n’a toutefois eu droit qu’à des applaudissements cordiaux, selon ce même participant.

“Il ne s’agit pas de demander des têtes au bout de piques mais un aggiornamento idéologique”, a estimé Guillaume Peltier, premier vice-président de LR.

Valérie Pécresse et Bruno Retailleau n’ont pas pris tant de précautions. La première a souligné, sur France 2, que Nicolas Sarkozy avait quitté la présidence du RPR, “très courageusement et avec beaucoup de panache”, après un revers alors historique (12,8%) aux européennes de 1999. Invité d’Europe 1, le président du groupe LR au Sénat a pour sa part confirmé avoir demandé à Laurent Wauquiez, par téléphone, de se retirer.

Tous deux ont par ailleurs fait savoir qu’ils auraient démissionné après un tel désastre électoral.

Quoi qu’il arrive, une grande partie des hauts cadres de LR plaident pour aggiornamento et un abandon de la ligne Wauquiez, qui consiste à choyer le noyau dur avec un discours identitaire et conservateur, dans la lignée du “fillonisme”.

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a tenté lundi de parer les critiques en convoquant un bureau politique exceptionnel et en promettant de “tout remettre à plat” via, notamment, de futurs états généraux.

Une “proposition somme toute insuffisante”, “en tout cas très modeste” et tardive aux yeux de Bruno Retailleau.

Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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