May 27, 2019 / 3:58 PM / 5 months ago

Fragilisé, Wauquiez défend sa place à la tête de LR

PARIS (Reuters) - Laurent Wauquiez s’est efforcé lundi de balayer l’hypothèse d’une démission de la présidence des Républicains (LR), au lendemain du naufrage historique de son parti aux élections européennes, en proposant de “tout remettre à plat” par le biais, notamment, d’”états généraux” de la droite.

Le naufrage des Républicains aux élections européennes a aussitôt ouvert un débat en interne sur la ligne politique et, à travers elle, sur Laurent Wauquiez, dont la position à la tête du parti semble plus inconfortable que jamais. /Photo prise le 31 mars 2019/REUTERS/Ludovic Marin

Le chef de file de LR, dont la ligne politique est pilonnée depuis l’échec de la liste François-Xavier Bellamy avec un score sans précédent dans les annales récentes de la droite (8,48%), a fait cette proposition lors d’un bureau politique aux airs de thérapie de groupe convoqué en fin de journée.

“Les résultats d’hier sont évidemment un choc majeur pour notre famille politique”, “nous avons subi une défaite amère”, a-t-il admis d’emblée, selon une retranscription de ses propos diffusée par son entourage.

Pour autant, il a refusé d’endosser seul la responsabilité de la déroute en soulignant que “cette campagne a été portée collectivement”, y compris par ses rivaux en puissance, comme Valérie Pécresse et Bruno Retailleau, venus soutenir François-Xavier Bellamy sur les estrades.

“Il faut tout remettre à plat sur les valeurs, le projet, le fonctionnement et la stratégie d’alliance des Républicains pour s’élargir”, a-t-il poursuivi, faisant écho au message relayé par la quasi-totalité des caciques du parti depuis dimanche soir.

“L’idée serait d’organiser des états généraux que nous préparerions d’ici à la rentrée”, sans tabou, a encore déclaré le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

“IL FAUT QU’ON CHANGE DE STRATÉGIE”

Cette main tendue “à toutes les bonnes volontés” marque un infléchissement de la gouvernance Wauquiez, lui que ses opposants internes accusent avec constance de verrouiller le parti et de le réduire à sa seule sensibilité sarko-filloniste.

Depuis dimanche, c’est en effet toute sa stratégie qui se trouve mise en cause : le président du parti s’est fait élire par les militants, il y a un an et demi, sur une ligne à droite toute et, depuis lors, il a choyé le noyau dur de son électorat, en bombardant notamment le conservateur François-Xavier Bellamy tête de liste aux élections européennes.

Le jeune professeur de philosophie, que les cadres du parti regardaient au départ avec la plus grande méfiance, a fait campagne, quatre mois durant, sur le thème de l’identité, des racines et de la protection des frontières.

Avec le résultat que l’on connaît désormais.

“Il faut qu’on change de stratégie”, a défendu lundi Valérie Pécresse sur RTL. “Il ne faut pas avoir une stratégie de rétrécissement, mais une stratégie d’élargissement, ça fait deux ans que je plaide pour que nous renouions des alliances avec nos partenaires naturels, qui sont le centre-droit.”

Précautionneuse dans le choix, Valérie Pécresse a fait savoir au passage qu’elle aurait démissionné à la place de Laurent Wauquiez, tout en précisant que la question prioritaire était bien celle de la ligne politique.

“IL Y AURA UNE DEUXIÈME SALVE”

Les appels publics et sans ambiguïté à la démission sont restés rares lundi, même la nécessité de tout revoir, “de A jusqu’à Z” ou du “sol au plafond” selon les formules, fait consensus.

Le député des Bouches-du-Rhône Eric Diard a été l’un des premiers à demander explicitement, dès dimanche soir, le départ de son président, en invoquant l’exemple de Nicolas Sarkozy, qui avait cédé son fauteuil à la tête du RPR après la gifle reçue aux européennes de 1999 (12,82 %).

“Si Laurent Wauquiez n’est pas viré ce soir, il y aura une deuxième salve demain”, juge un bon connaisseur des arcanes de la droite.

De nombreuses figures de LR sont toutefois tétanisées à l’idée de raviver les guerres de chefs, qui ont coûté cher à la droite ces dernières années, comme en témoigne la teneur des débats lors du bureau politique de lundi.

Le mandat de Laurent Wauquiez court théoriquement jusqu’en 2022.

Depuis dimanche, les appels à un large rassemblement de la droite se sont multipliés, certains grands élus allant jusqu’à souhaiter le retour de François Baroin, qui s’impose une cure médiatique depuis 2017, et Xavier Bertrand, parti en décembre 2017, dans la foulée de l’intronisation de Laurent Wauquiez.

Un changement à la tête du parti ne va pas sans risque, relève Erwan Lestrohan, directeur d’études de l’institut BVA. “Est-ce qu’il faut trouver un chef de file plus modéré mais au risque de créer de l’incohérence ou alors faire le pari de la constance ?”, fait-il remarquer.

Simon Carraud, édité par Yves Clarisse

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