May 27, 2019 / 9:18 AM / 3 months ago

Européennes: Le camp pro-UE résiste à la poussée nationaliste

BRUXELLES (Reuters) - Malgré la montée en puissance des formations d’extrême droite, un camp pro-européen plus fragmenté continuera à contrôler environ les deux tiers du Parlement européen, montrent les résultats encore provisoires des européennes 2019, marquées par une participation en forte hausse.

Malgré la montée en puissance des formations d'extrême droite, un camp pro-européen plus fragmenté continuera à contrôler environ les deux tiers du Parlement européen, montrent les résultats encore provisoires des européennes 2019, marquées par une participation en forte hausse. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Kessler

L’extrême droite et les nationalistes sont arrivés en tête du scrutin en Italie, en France, au Royaume-Uni et en Pologne mais ces résultats sont loin d’être suffisants pour inverser le rapport de forces à Strasbourg.

D’après les résultats provisoires publiés lundi, les quatre blocs pro-européens - conservateurs, socialistes, libéraux et écologistes - totaliseront 506 des 751 sièges du Parlement, une majorité confortable lorsque viendront à l’agenda les sujets cruciaux pour l’avenir de l’UE.

Bien que la recherche de compromis s’annonce beaucoup plus compliquée, la “grande coalition” entre le Parti populaire européen (PPE, conservateur) et les Socialistes et démocrates (S&D) ayant perdu sa majorité, les eurosceptiques ne sont pas en position de pouvoir bloquer une intégration plus poussée au sein de l’UE.

“Nous allons construire une Europe sociale, une Europe qui protège”, a promis dimanche le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, qui est attendu ce lundi à Paris pour discuter de l’avenir de l’UE avec Emmanuel Macron.

Malgré sa courte défaite face au Rassemblement national, le parti La République en marche (LaRem) du président français devrait être en mesure d’exercer une influence à Strasbourg au sein du bloc centriste, l’alliance des libéraux et démocrates, qui sort nettement renforcé du scrutin.

Ces résultats et la nette hausse du taux de participation (51% contre 43% en 2014) ont été accueillis avec satisfaction à Bruxelles, où les institutions européennes espèrent mettre fin au “déficit démocratique” qui mine leur légitimité.

BATAILLE EN VUE POUR LES GRANDS POSTES

La poussée des écologistes, particulièrement visible en Allemagne et dans une moindre mesure en France, pourrait aussi inciter le successeur de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne à adopter une politique plus active en matière de contrôle des industries polluantes, de taxation des multinationales ou de renforcement des exigences climatiques lors des négociations commerciales.

Les futurs dirigeants de l’UE ne pourront pas ignorer pour autant le désenchantement exprimé par de nombreux électeurs, même si la large victoire du Parti du Brexit, nourri par la frustration des Britanniques, n’aura peut-être pas de grosses conséquences à Strasbourg si le Royaume-Uni finit par sortir du bloc communautaire.

La capacité des parti pro-européens à se mettre en ordre de marche va être mise à l’épreuve dès la désignation du nouveau président de la Commission et des autres grands postes de l’UE.

Arrivée nettement en tête en Allemagne malgré un score en baisse de huit points par rapport à 2014, l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel a estimé dès dimanche soir que le candidat du PPE, l’Allemand Manfred Weber issu de ses rangs, devrait succéder à Jean-Claude Juncker.

Si le PPE a conservé son rang de premier bloc au Parlement avec 179 élus, selon les résultats provisoires (contre 217 dans le Parlement sortant), la volonté des conservateurs d’imposer leur candidat va se heurter à une forte résistance du bloc socialiste (150 élus contre 186) et de l’alliance libérale (107 élus au lieu de 68).

Les écologistes (70 élus contre 18) espèrent aussi avoir leur mot à dire, tandis qu’avec une centaine de sièges, les différents partis d’extrême droite et nationalistes tenteront pour se faire entendre de surmonter leurs divisions, notamment entre le couple franco-italien Marine Le Pen-Matteo Salvini et les partis polonais et hongrois.

Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour le service français

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