May 23, 2019 / 9:27 AM / 3 months ago

Le sort de Theresa May occulte les élections européennes au Royaume-Uni

LONDRES (Reuters) - Le sort de Theresa May a occulté jeudi les élections européennes au Royaume-Uni, un scrutin auquel les Britanniques ne pensaient pas devoir participer, trois ans après avoir voté pour une sortie de l’Union européenne.

Le sort de Theresa May a occulté jeudi les élections européennes au Royaume-Uni, un scrutin auquel les Britanniques ne pensaient pas devoir participer, trois ans après avoir voté pour une sortie de l'Union européenne. /Photo prise le 15 janvier 2019/REUTERS/Peter Nicholls

La Première ministre conservatrice, qui a échoué par trois fois depuis la mi-janvier à faire adopter l’accord de retrait négocié avec les Européens, a abattu sa dernière carte mardi en proposant des liens commerciaux plus étroits avec l’UE sans exclure la tenue d’un second référendum.

Son offre a cimenté un front du refus allant des éléments les plus pro-Brexit de son parti jusqu’à l’opposition travailliste, avec laquelle May a vainement tenté pendant six semaines de trouver un compromis.

Pour la plupart des commentateurs britanniques, ses jours au 10 Downing Street sont désormais comptés.

Citant des alliés de la Première ministre, le Times écrit jeudi qu’elle annoncera la date de sa démission à l’issue de sa rencontre de vendredi avec Graham Brady, président du Comité 1922, qui réunit l’ensemble des députés conservateurs à l’exception de ceux qui siègent au gouvernement.

Cité par le Guardian, Graham Brady a confirmé que Theresa May pourrait bien annoncer sa démission ce jour-là. Dans le cas contraire, il a prévenu que son comité exercerait sans doute une “pression écrasante pour modifier les règles et organiser un vote de confiance”.

Theresa May a échappé le 12 décembre à un premier vote de défiance au sein du Parti conservateur. En vertu des règles de du parti, celles que le comité 1922 pourrait vouloir modifier, douze mois doivent s’écouler entre deux initiatives de ce genre.

A en croire son ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, la Première ministre sera toujours en fonction pour accueillir Donald Trump, le 3 juin pour une visite d’Etat.

L’ancien ministre des Finances George Osborne, désormais rédacteur en chef du London Evening Standard, écrit quant à lui sur Twitter qu’elle démissionnera le 10 juin, à l’issue de cette visite.

Pour l’heure, Theresa May a résisté à la fronde de plusieurs membres de son cabinet, mais a subi mercredi une nouvelle défection avec la démission d’Andrea Leadsom, sa ministre chargée des Relations avec le Parlement.

“Je ne crois plus que notre approche honorera les résultats du référendum”, écrit cette dernière dans sa lettre de démission. “J’ai toujours soutenu qu’un second référendum serait dangereusement conflictuel et je ne peux pas soutenir ce gouvernement facilitant de plein gré une telle concession.”

Dans un communiqué, le gouvernement britannique a annoncé jeudi son remplacement par Mel Stride, député du Devon qui a fait campagne contre la sortie de l’Union européenne.

NIGEL FARAGE LOIN DEVANT

Arrivée au pouvoir en juillet 2016 après la démission de David Cameron, l’ancienne ministre de l’Intérieur, dont le mandat coïncide avec la période la plus tumultueuse de l’histoire récente du pays, s’est engagée à quitter ses fonctions si les parlementaires approuvent l’accord de retrait négocié avec les Européens.

Le “Brexiter” Boris Johnson, son ancien ministre des Affaires étrangères, fait figure de favori pour sa succession.

Dans l’immédiat, Theresa May doit pourtant gérer les élections européennes qui s’annoncent comme un désastre pour son Parti conservateur, déjà malmené aux élections municipales au début du mois.

Exploitant la colère, l’impatience et le sentiment de trahison des “brexiters”, Nigel Farage, figure de proue du référendum de 2016, fait largement la course en tête avec son Parti du Brexit, lancé le mois dernier seulement mais crédité de 37% des intentions de vote dans un sondage YouGov publié mercredi.

Aux dernières élections européennes, en 2014, Farage et le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip) qu’il dirigeait alors étaient déjà arrivés en tête, mais avec 27% des suffrages.

Le Parti conservateur ne pointe qu’à la cinquième place, avec 7% des intentions de vote, contre 23% en 2014.

Le Parti travailliste, qui payé également ses divisions sur le Brexit, ne devrait pas faire beaucoup mieux. Avec 13% des intentions de vote (contre 25% en 2014), il est distancé par les Libéraux Démocrates (19%) et talonné par les écologistes du Green Party (12%), deux partis favorables au maintien dans l’UE.

Aucune projection ne sera diffusée jeudi et les résultats ne seront pas connus avant dimanche soir, quand les bureaux de vote auront fermé en Italie, dernier pays européen à voter.

Henri-Pierre André pour le service français

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