May 22, 2019 / 1:41 PM / 5 months ago

L'étau judiciaire se resserre encore sur Lamine Diack

PARIS (Reuters) - L’étau judiciaire français s’est encore resserré sur l’ex-patron de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), Lamine Diack, de nouveau mis en examen dans un des volets de la vaste affaire de corruption présumée dont il est l’acteur central.

L'étau judiciaire français s'est encore resserré sur l'ex-patron de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), Lamine Diack, de nouveau mis en examen dans un des volets de la vaste affaire de corruption présumée dont il est l'acteur central. /Photo d'archives/REUTERS/Jason Lee

Le Parquet national financier a déjà demandé son renvoi et celui de son fils Papa Massata Diack devant un tribunal pour avoir retardé contre paiement la suspension d’athlètes soupçonnés de dopage, notamment russes.

Selon des sources proches du dossier, l’ancien champion sénégalais, aujourd’hui âgé de 85 ans et interdit de quitter le territoire français, a été mis en examen pour corruption passive le 27 mars dans un deuxième volet, lié à l’attribution de grands événements sportifs mondiaux.

Il est ainsi accusé d’avoir favorisé en 2013 la candidature de Tokyo à l’organisation des Jeux olympiques de 2020, alors qu’il était un membre influent du Comité international olympique (CIO), en contrepartie du paiement de 2,325 millions de dollars en faveur de Black Tidings, une des sociétés de son fils.

De même, il lui est reproché d’avoir favorisé la candidature de Rio à l’organisation des JO en contrepartie du paiement de 2,45 millions de dollars, notamment en faveur de Papa Massata Diack et d’une autre de ses sociétés, Pamodzi Sports Consulting.

Il est aussi accusé d’avoir soutenu en 2010 la candidature de Pékin aux championnats du monde d’athlétisme de 2015 contre le paiement de 1,6 million de dollars en faveur de son fils et de Pamodzi Sports Consulting.

Les juges d’instruction chargés du dossier lui reprochent enfin d’avoir favorisé la candidature de Doha aux championnats du monde d’athlétisme et aux JO.

Dans un courrier du 4 août 2011, il a ainsi accordé aux Qatar un report de dates pour permettre l’organisation de ces compétitions dans cette principauté du Golfe en évitant les chaleurs estivales excessives, précise-t-on de mêmes sources.

Les juges voient dans le versement à Pamodzi par la société Oryx Qatar Sports Investments de 3,5 millions de dollars une contrepartie au soutien du président de l’IAAF de l’époque.

“PAYER POUR VOIR”

Oryx QSI, société de droit privé, appartient pour moitié au président du Paris-Saint-Germain, Nasser al-Khelaïfi, et pour moitié à son frère Khalid.

Nasser al-Khelaïfi a été entendu en tant que témoin assisté le 20 mars et un de ses proches, l’actuel directeur général du groupe qatari BeIN, Yousef al-Obaïdly, a été mis en examen le 28 pour “corruption active”.

En 2011, Yousef al-Obaïdly était directeur commercial d’Al-Jazeera Sports, devenue depuis lors BeIN.

Les juges lui reprochent d’avoir “négocié un contrat stipulant le paiement de 4,5 millions de dollars en faveur du compte de la société Pamodzi” en contrepartie de la lettre de Lamine Diack et pour “obtenir le 11 novembre 2011 des votes favorables de membres de l’IAAF”, dont celui de son président, à la candidature de Doha pour les championnats du monde de 2017.

C’est finalement Londres qui a obtenu ces Mondiaux par 16 voix contre 10 mais le contrat prévoyait que les 3,5 millions de dollars versés avant le vote n’étaient pas remboursables.

Sur cette somme, 1,3 million de dollars ont été reversés à l’IAAF, 1,8 million à Dentsu, leader mondial japonais de la publicité, omniprésent dans ce dossier, Pamodzi se gardant 400.000 dollars, a précisé à Reuters l’avocat de Yousef al-Obaïdly, Me Jean-Didier Belot.

Pour lui il n’y a là rien d’anormal : Pamodzi était alors l’interlocuteur exclusif de l’IAAF et de Dentsu pour négocier les droits TV et marketing et le paiement de 3,5 millions de dollars était un risque assumé dans l’espoir d’obtenir les droits télévisuels en cas d’attribution des Mondiaux à Doha.

“C’est une pratique usuelle. Il faut payer pour voir, comme au poker. Ce n’est pas pour autant de la corruption”, a dit Me Belot à Reuters. “Aujourd’hui, Il n’y a rien au dossier qui prouve que l’argent versé au fils est allé chez le père.”

Yousef al-Obaïdly a fait parvenir à Reuters par son avocat une déclaration dans laquelle il dit s’être “volontairement rendu à une convocation dans le cadre des investigations du juge d’instruction”.

Il qualifie les accusations dont il est l”objet de “hautement infondées et sans consistance” et assure qu’elles seront “intégralement et catégoriquement contestées”.

L’avocat de Lamine Diack n’a pour sa part pas répondu à ce stade aux sollicitations de Reuters.

Edité par Yves Clarisse

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