May 18, 2019 / 3:34 PM / in 5 months

Des "Gilets jaunes" rares et apaisés célèbrent six mois de mobilisation

PARIS (Reuters) - Le mouvement des “Gilets jaunes”, qui a célébré samedi dans le calme six mois de mobilisation émaillés de violences, a atteint son étiage après avoir obtenu des mesures pour un montant d’environ 15 milliards d’euros, dont cinq de baisse d’impôts.

Le mouvement des "Gilets jaunes", qui a célébré samedi dans le calme six mois de mobilisation. Le ministère de l'Intérieur a compté 15.500 participants dans toute la France, dont 1.600 à Paris, la plus faible mobilisation depuis six mois. A Paris, un autre cortège avait choisi le thème de l'écologie et notamment le refus du glyphosate, l'herbicide de Monsanto. /Photo prise le 18 mai 2019/REUTERS/Philippe Wojazer

Depuis la première grande journée de mobilisation nationale le 17 novembre 2018, qui avait réuni près de 300.000 personnes, le déclin du mouvement est très net mais les plus déterminés continuent à manifester malgré le plan d’action rendu public, notamment par Emmanuel Macron le 25 avril.

Le ministère de l’Intérieur a compté 15.500 participants dans toute la France, dont 1.600 à Paris, la plus faible mobilisation depuis six mois. Le précédent plus bas avait été atteint samedi dernier, avec 18.600 personnes.

Pour le chef de l’Etat, le mouvement doit maintenant cesser.

“Je crois que pour celles et ceux qui continuent aujourd’hui à faire cela, il n’y a plus de débouché politique. Nous avons fait notre part du travail”, a-t-il déclaré vendredi en marge d’un déplacement à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques).

A une semaine des élections européennes, il a estimé qu’il fallait désormais traduire les revendications dans les urnes.

“Il y a là une élection qui permet à nos concitoyens de s’exprimer sur les sujets européens. Il y en aura ensuite chaque année sur les sujets locaux, puis il y aura des élections présidentielle et législatives”, a-t-il dit.

Les “Gilets jaunes” qui ont participé au vingt-septième samedi de mobilisation ont bien l’intention de manifester le 26 mai leur rejet du chef de l’Etat.

CINQ INTERPELLATIONS A NANCY

“Macron va prendre une déculottée”, pouvait-on lire sur une banderole dans le cortège parti de la tour Total à La Défense - “Total et l’Etat nous volent”, disait un calicot faisant référence au prix des carburants, dossier qui a été à l’origine du mouvement - jusqu’au Sacré-Cœur de Montmartre.

A Paris, un autre cortège peu fourni entre la place Clichy et celle de la République avait choisi le thème de l’écologie et notamment le refus du glyphosate, l’herbicide de Monsanto contre lequel des manifestations séparées étaient organisées samedi dans de très nombreuses villes de France.

A Bordeaux, dont le centre-ville avait été interdit aux manifestants, quelque 1.500 personnes, “Gilets jaunes” et anti-Monsanto mêlés, ont défilé après avoir organisé une simulation des victimes des pesticides en se couchant à même le sol.

A Toulouse, place forte du mouvement où la place du Capitole a été interdite aux manifestants par arrêté préfectoral, entre 1.000 à 2.000 personnes, selon la police, ont défilé.

Plusieurs “appels nationaux” ont en outre été lancés pour se rassembler à Reims et Nancy, où quelque 2.000 personnes ont manifesté et quelques tirs de grenades lacrymogènes constatés après des jets de projectiles et des feux de poubelles.

Selon la préfecture de Meurthe et Moselle, cinq personnes ont été interpellées à Nancy et un membre des forces de l’ordre a été légèrement blessé.

Yves Clarisse, avec Emmanuel Jarry

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