May 16, 2019 / 6:16 PM / 7 months ago

L'armée française recherche des pilotes de drones Reaper

PARIS (Reuters) - L’armée française a lancé le recrutement de pilotes de drones MQ-9 Reaper, fabriqués par l’américain General Atomics, une flotte prochainement armée dont Paris attend un avantage opérationnel crucial dans la difficile lutte contre les groupes djihadistes au Sahel.

L'armée française a lancé le recrutement de pilotes de drones MQ-9 Reaper (photo), fabriqués par l'américain General Atomics, une flotte prochainement armée dont Paris attend un avantage opérationnel crucial dans la difficile lutte contre les groupes djihadistes au Sahel. /Photo d'archives/REUTERS/Omar Sobhani

“On va recréer dans quelques jours un niveau d’escadre, la 33e escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque qui va être le creuset de cette filière”, a déclaré jeudi le futur commandant de l’unité, le lieutenant-colonel Romain, lors d’un point de presse.

Cette nouvelle unité, en fait une réactivation de la 33e escadre de reconnaissance dissoute en 1993, regroupera l’escadron (1/33 Belfort) de drones MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de Cognac (Charente) et un nouvel escadron dédié à la formation des pilotes de ces appareils.

A ce jour, la France a programmé l’acquisition de 12 drones MQ-9 Reaper, un système qui se compose d’une station au sol et de trois appareils.

Six (deux systèmes) ont été initialement livrés dans une version non armée (trois sont actuellement au Niger dans le cadre de l’opération Barkhane) et devraient être armés en 2020; les six derniers, qui seront directement armés, sont attendus à compter de la fin de l’année.

L’un des six premiers drones s’est écrasé en novembre dernier au Niger au retour d’une mission. L’armée de l’air précise être en négociation avec General Atomics pour le remplacer “au plus tôt et au meilleur coût”.

La ministre des Armées Florence Parly avait annoncé en septembre 2017 sa décision d’armer ces outils de renseignement et de surveillance, comme c’est déjà le cas des Etats-Unis, d’Israël, du Royaume-Uni ou de l’Italie.

Le gouvernement français soulignait à l’époque que “l’armement des Reapers fera[it] peser une menace permanente sur les groupes armés terroristes” et faciliterait “la résilience opérationnelle” des forces engagées au Sahel.

80 À 100 ÉQUIPAGES

Insistant sur la nécessité de maintenir “l’homme au coeur de la boucle décisionnelle”, la France entend former des pilotes aux compétences technologiques pointues (contrôle du vol par liaisons hertzienne ou satellite, acquisition du renseignement...), rompus au pilotage d’avions légers et au vol aux instruments mais aussi “experts en planification et en conduite des opérations”.

“C’est tout sauf simple”, souligne le lieutenant-colonel Romain, qui commande actuellement l’escadre 1/33 Belfort.

L’objectif est de former d’ici à 2030 quatre-vingts à 100 équipages, sachant que le système français mobilise dans le cockpit déporté quatre militaires : un pilote, un opérateur capteur, un officier de renseignement (“coordinateur tactique”)et un analyste images (“opérateur images”).

“En France, les pilotes de drones sont dans la zone de mission du drone, non dans un bureau à Paris”, souligne-t-on.

Actuellement, une vingtaine d’équipages de drones Reaper sont à l’oeuvre.

Deux tiers des futurs pilotes seront formés dans le cadre de la filière nouvellement créée, le dernier tiers viendra des unités de combat de l’armée de l’air.

Les drones sont une pièce maîtresse des opérations de l’armée française au Sahel, ils ont été notamment mis en oeuvre pour la libération de quatre otages, dont deux touristes français, par les forces spéciales dans la nuit du 9 au 10 mai derniers au Burkina Faso.

Un drone MQ-9 Reaper peut voler jusqu’à près de 24 heures, à des altitudes allant jusqu’à celles des avions de ligne, ce qui nécessite une relève importante d’équipages.

Prié de dire sur quels théâtres pourraient être engagés les futurs pilotes et leurs appareils, le lieutenant-colonel Romain a simplement répondu : “Aujourd’hui, il y a le choix”.

Sophie Louet, édité par Elizabeth Pineau

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